« La secousse la plus forte jamais enregistrée » : séisme record à Naples et près des Champs Phlégréens
Une forte secousse a frappé la ville de Naples ce vendredi soir, vers 19h45. Initialement estimée entre 3,7 et 4,2, la magnitude a finalement été révisée à 4,7 par l’Institut national italien de géophysique et de volcanologie (INGV), « une intensité exceptionnelle qui ne compte que très peu de précédents », précise le journal Corriere della Serra.
« Le séisme a été nettement ressenti dans toute la ville de Naples et dans les communes voisines, en particulier dans la zone des Champs Phlégréens, où se situe l’épicentre selon l’INGV », ajoute Corriere della Serra.
« Quatre blessés, des dommages à plusieurs bâtiments civils et à diverses églises, et une immense frayeur après le séisme de magnitude 4,7 qui a frappé la région des Champs Phlégréens », a déclaré le ministre italien de la Protection civile et des Politiques de la mer, Nello Musumeci, en donnant un premier bilan.
Au moins dix secousses
« Les autorités locales sont mobilisées pour réduire au maximum les difficultés rencontrées par les familles touchées. J’ai parlé avec le préfet de Naples et je suis en contact permanent avec le chef du Département national de la Protection civile, qui a immédiatement convoqué l’unité de crise, a-t-il ajouté. Nous suivons l’évolution de la situation avec la plus grande attention et assurons une coordination totale entre toutes les structures opérationnelles afin de garantir l’assistance à la population et la surveillance du territoire. »

« Un essaim sismique est en cours dans cette zone et au moment de la publication du communiqué de presse de l’Observatoire du Vésuve (20h25 heure italienne), 10 séismes avaient été détectés préliminairement », écrit l’Institut.
« C’est la secousse la plus forte jamais enregistrée. Les habitants sont évidemment très inquiets, mais pour le moment nous ne signalons ni victimes ni dégâts importants aux personnes ou aux biens », avait déclaré plus tôt Josi Della Ragionele maire de Bacoli, à l’ouest de Naples.
Les pompiers ont reçu de très nombreux appels à propos d’ascenseurs bloqués ou des chutes de morceaux de façade. Des coupures d’électricité et d’Internet ont été signalées dans plusieurs secteurs de Naples, la circulation du métro et des trains a été arrêtée.
Deux falaises se sont effondrées et des chutes de pierres ont endommagé plusieurs véhicules. Des églises ont subi des dégâts. Selon La Repubblica, « de nombreuses personnes, terrifiées, sont descendues dans la rue ».
Les tremblements de terre qui ont lieu dans les Champs Phlégréens « sont étroitement liés au soulèvement du sol » et « augmentent à mesure que la vitesse de levage augmente », expliquait Giuseppe De Natale, directeur de recherche à l’Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV), en mars 2025.
« Et nous savons depuis le 15 février (2025) que la vitesse de soulèvement a triplé, il est donc clair que des chocs de plus en plus énergétiques vont arriver, capables de provoquer des dégâts… », poursuivait-il. Mais le temps géologique n’est pas le même que celui qui rythme la vie des humains et cette activité sismique soudaine pourrait « probablement » durer « des décennies ».
Lors de la dernière éruption des Champs Phlégréens en 1538, « il y a eu plus de cent ans de phénomènes précurseurs, au cours desquels des secousses très fortes se sont également produites. Aujourd’hui, cela fait environ 75 ans que le soulèvement a commencé, soulignait Giuseppe De Natale. Nous pourrions donc connaître des années, voire des décennies, de tremblements de terre de plus en plus fréquents et de plus en plus forts. »
Un supervolcan qui dort
Les Champs phlégréens sont zone volcanique qui constitue une menace croissante pour l’Italie et l’Europe. Ce supervolcan, en réalité composé d’une vingtaine de volcans, s’étend sur un périmètre de 15 km sur 12 à l’ouest de Naples. Il présente la dépression typique à fond plat laissée après une éruption. Il s’agit de la caldera en activité la plus vaste d’Europe, située aux confins des communes de Naples donc et de Pouzzoles en bord de mer.
Une explosion des Champs Phlégréens aurait des conséquences cataclysmiques : une éruption il y a 40 000 ans avait affecté le climat de la planète. « Dans le scénario le plus catastrophique, actuellement impensable bien que possible, il faudra parler d’un exode et non d’une évacuation », indiquait en mai 2024 le géologue italien Mario Tozzi.