"La Russie ne menace pas la France" : après les propos de Marine Le Pen et Jordan Bardella, Moscou répond au RN et exprime son "désaccord"
Moscou rejetait lundi les accusations du Rassemblement national, assurant ne menacer "aucun pays d’Europe". Le Kremlin réagissait au communiqué de Marine Le Pen et Jordan Bardella critiquant la saisie par la Russie des filiales d’Auchan et Nestlé, qualifiée d’acte hostile visant à dicter la politique française.
La Russie n’est une menace pour aucun pays d’Europe, a affirmé lundi le Kremlin en réponse aux deux dirigeants du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui ont mis en garde Moscou contre toute volonté de "dicter" la politique de La France "par l’intimidation" et "la menace".
La candidate à l’élection présidentielle de 2027 et le président du RN ont publié samedi un communiqué commun affichant leur fermeté vis-à-vis de la Russie, alors qu’ils sont régulièrement accusés de complaisance envers le Kremlin.
"Nous ne tolérerons jamais qu’une puissance étrangère, en l’occurrence la Russie, puisse espérer dicter directement ou indirectement la politique de notre pays par l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique", peut-on notamment lire.
"Nous sommes en désaccord avec cette déclaration"
Interrogé lundi à ce sujet lors de son point de presse régulier, le porte-parole du Kremlin a rejeté les propos des représentants du RN, en tête dans les sondages d’intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle.
"Nous sommes en désaccord avec cette déclaration. La Russie ne menace pas la France ou quelque autre pays en Europe. Le président Poutine l’a dit à de multiples reprises. Nous n’avons pas avec les États européens de litiges qui puissent soulever de désaccords sérieux", a déclaré Dmitri Peskov.
"La Russie ne représente aucune menace ; elle ne menace personne et n’exerce de chantage sur personne. Nous sommes en conséquence catégoriquement en désaccord avec de telles déclarations. Nous ne les acceptons pas", a-t-il ajouté.
Marine Le Pen et Jordan Bardella soulignent dans leur communiqué commun qu'"aucune provocation, aucune opération clandestine et aucune action de déstabilisation ne sauraient conduire la France à faciliter l’obtention par la Russie de ses buts de guerre en Ukraine".
Les deux responsables d’extrême droite dénoncent en outre comme un "acte hostile" la décision de la Russie de placer sous "administration temporaire" les entreprises française et suisse Auchan et Nestlé, au motif que la France et la Suisse soutiennent l’Ukraine dans le conflit armé contre la Russie.
"La politique étrangère de la France se décide à Paris, souverainement, en fonction des seuls intérêts de la Nation. Elle ne saurait être déterminée à Moscou", affirment dans leur communiqué Marine Le Pen et Jordan Bardella.