La Russie exporte son «règne de la peur» pour réprimer ses opposants à l’étranger, révèle une experte de l’ONU

Selon un rapport rendu public lundi 21 septembre devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, la Russie de Vladimir Poutine exerce désormais une « répression transnationale ». Alors qu’il poursuit ses opposants à l’intérieur depuis de nombreuses années, le Kremlin a également instauré une stratégie de terreur systématique et institutionnalisée en Asie centrale, dans le Caucase, ainsi qu’en Europe. La pratique s’est accélérée à partir de l’invasion de l’Ukraine.

Publié le : 21/09/2026 - 20:25Modifié le : 21/09/2026 - 20:25

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Durant trois ans, la rapporteure spéciale de l'ONU pour la Russie a détaillé « le règne de la peur » à l'intérieur des frontières russes. Mais cette fois, explique Mariana Katzarova, elle s'est penchée sur la façon dont la Russie a exporté ce règne de la peur, visant tous les ressortissants russes qui ont fui le pays ces dernières années.

« Depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, des centaines de milliers de personnes ont quitté la Russie. Une société civile en exil prend de l'ampleur et il en est de même pour les mécanismes mis en place pour la réprimer », a-t-elle expliqué lors d’une conférence.

« La répression transnationale n'est pas une série d'incidents isolés, mais la poursuite au-delà des frontières russes du même système structurel de répression, soutenu par l'État, que j'ai documenté en Russie », a-t-elle ajouté.

Son rapport, présenté devant le Conseil, s'appuie sur près de 400 cas documentés et conclut que cette répression transnationale constitue « une stratégie d'État systématique et institutionnalisée, indissociable de la consolidation du régime autoritaire sur son territoire et de la guerre d'agression contre l'Ukraine ».

« Une répression moins coûteuse, conçue pour échapper à toute identification »

La traque des émigrés politiques fait partie des pratiques de l’État soviétique et russe depuis un siècle, rappelle Mariana Katzarova. Mais cette pratique a pris une ampleur nouvelle ces dernières années, touchant les opposants politiques, les journalistes et les membres d'ONG, avec des méthodes allant de l'agression physique au harcèlement administratif.

« La répression passe désormais par les mandats d'arrêt internationaux, les bases de données, les banques et les systèmes numériques, déplore la rapporteure spéciale de l’ONU. C'est une répression moins coûteuse, conçue pour échapper à toute identification. Les autorités russes nient toute implication et ont parfois promu ou honoré les auteurs présumés », a déploré l'experte.

Depuis février 2022, entre 650 000 et 900 000 personnes ont quitté la Russie, soit la plus importante vague d'émigration politique du pays depuis le XXe siècle, affirme l’experte, qui est mandatée par le Conseil des droits de l'homme mais qui ne s'exprime pas au nom de l'organisation.

Mais fuir la Russie ne signifie pas que l'on échappe à la répression, conclut Mariana Katzarova, qui affirme n'avoir reçu aucune réponse aux questions posées aux autorités russes. La rapporteure spéciale de l'ONU sur la Russie réclame, pour mieux protéger les personnes ciblées, l'adoption d'une convention contraignante sur la répression transnationale.

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