La revente des parts de la Région dans l'hippodrome de Wallonie inquiète Pascal Lafosse: "500 000 € reflètent-ils la valeur de ce qui a été cédé ?"

Quel avenir pour l'Hippodrome de Wallonie, à Ghlin ? La question reste entière mais une chose est certaine : elle devra s'écrire grâce à un repreneur privé. Alors que la Région wallonne s'apprête à céder sa participation majoritaire dans la société qui exploite le site, le député provincial socialiste Pascal Lafosse demande davantage de garanties et de transparence avant toute prise de décision définitive.

Selon les informations publiées par L'Écho, la Région wallonne, qui détient environ 75 % des parts de la SA Hippodrome de Wallonie, devrait prochainement céder sa participation. Un seul candidat serait encore en lice : l'investisseur français Xavier Rouet, qui propose 500 000 euros pour cette participation majoritaire. Cette vente intervient dans un contexte financier difficile pour l'hippodrome de Ghlin. Les subsides régionaux de fonctionnement, qui représentaient près d'un million d'euros par an, ont en effet été supprimés à partir de 2025. L'hippodrome a clôturé cette même année sur une perte de 228 000 euros.

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Le processus de recherche d'un repreneur avait été confié à Wallonie Entreprendre, avec l'accompagnement du cabinet EY. Plusieurs profils auraient été approchés, mais la suppression du financement régional aurait rendu le modèle économique peu attractif pour la plupart des candidats, selon nos confrères. Le seul repreneur encore intéressé propose donc 500 000 euros pour les quelque 75 % de parts détenues par la Région. Un montant qui interpelle Pascal Lafosse.

Inquiétudes pour les écoles

Le député provincial estime qu'il faut regarder au-delà du seul montant de la transaction. La société est en effet propriétaire d'un vaste site à Ghlin, qui s'étend sur près de 20 hectares et comprend les infrastructures de l'hippodrome. Il rappelle également que la construction du site, à la fin des années 1990, avait représenté un investissement de 8,6 millions d'euros, financé en grande partie par des fonds publics. Il souligne notamment la participation de l'Europe et de la Région wallonne.

"500 000 € pour devenir actionnaire majoritaire de l'Hippodrome de Wallonie… Avec quelles garanties pour notre patrimoine et pour nos écoles ?", interroge-t-il. Le socialiste prend toutefois soin de distinguer la valeur annoncée pour les parts de la société de celle du terrain. "Soyons précis, cela ne signifie évidemment pas que le terrain est vendu à 2,50 €/m². L'offre porte sur les actions d'une société, avec ses actifs, ses passifs, ses obligations et ses perspectives économiques."

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Mais cette nuance ne l'empêche pas de questionner la valorisation retenue. Il demande notamment à connaître les conclusions de l'étude de revalorisation financière qui aurait été commandée en 2025 et à savoir comment celle-ci se compare à l'offre aujourd'hui sur la table. "500 000 € reflètent-ils correctement la valeur de ce qui est cédé ? Je pense que les citoyens sont en droit d'obtenir une réponse claire et documentée", estime-t-il.

Au-delà de la dimension patrimoniale, c'est aussi la vocation de formation du site qui préoccupe le député provincial, chargé de l'Enseignement au sein de la Province de Hainaut. Deux établissements liés au monde du cheval sont implantés sur le site, dont l'École de maréchalerie et le Centre provincial des Métiers du Cheval. Pour Pascal Lafosse, leur avenir doit impérativement être intégré aux conditions de la cession.

"L'Hippodrome n'est pas uniquement un patrimoine immobilier ou un lieu de courses. Des jeunes y apprennent un métier et que des professionnels y transmettent leur savoir-faire", insiste-t-il. Le député demande dès lors que des garanties précises et contraignantes soient apportées concernant la pérennité des deux écoles et des formations organisées sur le site.

Une préoccupation d'autant plus importante à ses yeux que l'avenir économique de l'hippodrome lui-même reste incertain. Le candidat repreneur s'engagerait à prendre en charge les pertes d'exploitation jusqu'à la fin de 2029, dans l'espoir qu'une solution structurelle soit trouvée d'ici là. Au-delà, le modèle de financement reste donc à consolider.

Demande de transparence

Pascal Lafosse ne se prononce pas, à ce stade, contre la vente. Il demande que les éléments permettant d'en apprécier les conséquences soient rendus publics avant que la Région ne tranche définitivement. "Je ne veux pas transformer une interrogation en conclusion avant de disposer de tous les éléments", précise-t-il. Il demande notamment que soient documentés la valeur actuelle des terrains, bâtiments et infrastructures, les actifs et dettes de la société, mais aussi les garanties qui seraient imposées au repreneur concernant les écoles.

"Lorsqu'on parle de 500 000 € pour 75,5 % d'une société propriétaire de près de 20 hectares et d'infrastructures publiques, alors que sa valeur comptable se situe autour de 2,5 millions d'euros, je considère que la transparence sur la valorisation et les conditions de la cession est indispensable", estime-t-il. Pour le député provincial, l'enjeu dépasse donc largement celui d'une simple transaction financière. "Nous parlons d'un patrimoine développé avec de l'argent public, d'un outil économique et hippique, mais aussi d'un lieu d'enseignement et de formation."

L'Hippodrome de Wallonie reste actuellement en activité à Ghlin, avec notamment des réunions de trot programmées dans les prochaines semaines.

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