La Région bruxelloise coupe dans une série d'aides aux entreprises : "De nombreux secteurs pourraient être impactés", notamment l'Horeca
C'est une mesure qui a été prise vendredi dernier en catimini et dans la torpeur estivale mais qui va avoir un impact significatif sur bon nombre d'entreprises bruxelloises.
Laurent Hublet (Les Engagés), le ministre bruxellois en charge de l'Économie, de l'Économie numérique et de l'Emploi, a en effet décidé de suspendre avec effet immédiat, pour l'exercice budgétaire en cours et à dater du 12 août (NdlR : le 11 août est la date ultime d'introduction des demandes), toute une série d'aides aux entreprises. Sont ainsi concernées les aides, la consultance (juridique, communication, stratégique,…) et à la transition économique, les aides à la formation externe, les aides au recrutement, les aides au coworking et enfin les aides pour les missions de consultance externe dans le cadre de la cession ou de la reprise d'une entreprise.
Dérapage des aides aux investissements
Ce n'est pas rien. On parle ici de montants assez conséquents. L'enveloppe annuelle consacrée à l'ensemble de ces aides – celles liées globalement à la consultance et celles consacrées aux investissements – est de 30 millions d'euros.
Laurent Hublet présente son plan pour relancer Bruxelles, mais ne convainc pas tout le monde : "Il faut des chiffres sinon il va se faire démonter"Cette décision semble avoir été prise dans une certaine urgence et visiblement sans concertation avec le monde bruxellois de l'entreprise. On connaît évidemment la situation budgétaire des finances de la Région bruxelloise. La volonté politique était, dans ce contexte, d'éviter un nouveau trou budgétaire. Le gouvernement bruxellois a, en effet, été confronté au dérapage des aides à l'investissement (NdlR : pour des travaux et aménagements dans les entreprises), ce qui l'a amené à suspendre à dater du 12 août les aides aux entreprises précitées. "Au 13 juillet 2026, après prise en compte des engagements restant à liquider, seuls 1,86 million d'euros de crédits de liquidation demeurent effectivement disponibles pour l'ensemble des aides aux entreprises, tandis que les aides à l'investissement présentent déjà un solde négatif de 4,75 millions d'euros", confirme l'arrêté ministériel. Qui ajoute : "Les crédits disponibles ne suffiront pas à couvrir les engagements déjà pris, les dossiers en cours et les demandes attendues."
guillement"Prenez par exemple le bilan carbone d'une entreprise : entre 50 % et 80 % du coût de ce bilan carbone était jusqu'ici pris en charge par des subsides. Sans ces aides, les petites entreprises vont-elles encore réaliser une telle démarche."
Face à un chiffre estimé de plus de 2 200 demandes susceptibles d'être encore introduites d'ici la fin de cette année et pour éviter d'aggraver la situation, le gouvernement bruxellois a décidé de tout suspendre à la date du 12 août.
"De nombreux secteurs pourraient être impactés négativement par cette décision. On peut penser par exemple à l'Horeca : cela risque de rajouter encore une couche aux difficultés que le secteur doit déjà affronter. Il y a aussi tout un écosystème de prestataires de services qui dépend de ces aides, comme les agences de communication, les formateurs ou les consultants en durabilité. Prenez par exemple le bilan carbone d'une entreprise : entre 50 % et 80 % du coût de ce bilan carbone était jusqu'ici pris en charge par des subsides. Sans ces aides, les petites entreprises vont-elles encore réaliser une telle démarche", nous explique Thibaut Martens, consultant au sein de la société Subsiconseils, qui compte de nombreuses entreprises bruxelloises parmi ses clients.
Les coupes des bureaux bruxellois à l'étranger font jaser : "Les Flamands se frottent les mains, le MR est le meilleur allié de la N-VA"Quid pour 2027 ?
Quid après 2026 ? "La mesure est strictement limitée à l'exercice budgétaire 2026 et ne préjuge pas du régime applicable à compter du 1er janvier 2027", peut-on lire dans l'arrêté ministériel. "Il faudra veiller à ce que le provisoire ne devienne pas définitif. J'espère que le gouvernement bruxellois pourra commencer 2027 sur de nouvelles bases. Et que dès la fin de l'été, sur base des contraintes budgétaires connues de la Région bruxelloise, un dispositif clair d'aides sera mis en place pour soutenir un maximum d'entreprises bruxelloises", conclut Thibaut Martens.
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