La mère de famille tue ses trois jeunes enfants : le procès de Lindsay Clancy annulé, faute d’accord entre les jurés
Le procès de Lindsay Clancy, accusée du meurtre de ses trois enfants, a été annulé ce vendredi 4 septembre à Plymouth, près de Boston (États-Unis). Faute d’unanimité, le juge a acté le blocage du jury, 11 jurés sur 12 s’étant prononcés pour une irresponsabilité pénale due à une psychose post-partum.
Ce vendredi 4 septembre, le juge américain a prononcé l’annulation du procès d’une mère pour le meurtre de ses trois enfants aux États-Unis. Les jurés ne sont en effet pas parvenus à s’entendre dans cette affaire de triple infanticide qui posait la question de la santé mentale des mères. La décision, un temps suspendue le temps qu’une juridiction d’appel statue sur cette décision, a été confirmée par cette dernière.
L’unanimité des jurés est requise pour rendre un verdict dans les procès pénaux aux États-Unis. Mais le jury au procès de Lindsay Clancy était apparemment divisé entre 11 jurés favorables à l’acquittement sur le fondement de l’irresponsabilité pénale et un opposé à ce verdict.
Le constat d’un "jury bloqué" survient quand le juge doit prendre acte qu’après plusieurs jours de délibérations, les jurés ne parviennent pas à s’entendre. Dans ce cas, le procès est annulé et peut éventuellement être réorganisé ultérieurement, avec un nouveau jury.
Les jurés n’ont pas réussi à s’entendre
"Je n’ai pas d’autre choix que de prononcer l’annulation du procès", a ainsi déclaré William Sullivan, le juge du tribunal de Plymouth, près de Boston (nord-est), après avoir lu une déclaration écrite des jurés reconnaissant "le cœur lourd" leur incapacité à s’entendre sur un verdict unanime. Le juge a ensuite précisé qu’il suspendait pour une heure l’entrée en vigueur de cette annulation, le temps que la défense en fasse appel. La décision d’appel n’était pas encore tombée peu avant 13 h 30 locales (17 h 30 GMT).
Lindsay Clancy, 36 ans, encourt la prison à vie pour avoir étranglé ses enfants âgés de 5 ans, 3 ans et 8 mois. L’accusée, qui se déplace en fauteuil roulant depuis qu’elle a tenté de se suicider après ce triple infanticide, reconnaît les faits mais plaide non coupable, sa défense avançant qu’elle souffrait de psychose post-partum.
Selon elle, une voix lui aurait ordonné de tuer ses enfants. Un argument rejeté en bloc par l’accusation, selon laquelle elle a agi avec préméditation et était capable de comprendre la portée de son geste.
Vrai débat public
Cette affaire ultra-médiatisée a suscité un vif débat aux États-Unis sur la santé mentale des mères. À la barre, psychiatres, proches ainsi que l’ex-mari de l’accusée et père des enfants ont décrit la détresse dans laquelle elle avait sombré.
Des dizaines de femmes se sont rassemblées pendant des semaines devant le tribunal pour apporter leur soutien à Lindsay Clancy. Elles espèrent que cette affaire sensibilisera à la psychose post-partum, un trouble qui touche une à deux femmes sur 1 000 accouchements, selon les associations. Mais certains se sont indignés de la violence de ces infanticides et du soutien reçu par l’accusée.
L’affaire rappelle le cas d’une autre mère de famille qui avait défrayé la chronique aux États-Unis, celle d’Andrea Yates. Condamnée en 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir noyé ses cinq enfants, elle avait finalement été jugée pénalement irresponsable quelques années plus tard.