La mairie aurait fait razzia sur les journaux pour cacher le scandale : enquête pour viol ouverte après une plainte contre un élu municipal d’Annecy
Le parquet d’Annecy a ouvert une enquête préliminaire pour viol visant le premier adjoint au maire, Anthony Granger, après une plainte déposée pour des faits remontant à l’automne 2023. L’élu a été suspendu de ses fonctions le 30 juillet.
Coup de tonnerre pour la Ville d’Annecy. Le parquet de la ville haut-savoyarde a annoncé dans la soirée du jeudi 30 juillet l’ouverture d’une enquête préliminaire pour viol, après le dépôt d’une plainte d’un jeune homme contre un élu de la ville.
Après avoir reçu le courrier d’une élue, le 18 mars, "faisant état de confidences reçues de la part d’un jeune homme pouvant laisser penser que ce dernier avait été victime de relations sexuelles non consenties", le parquet a entendu la présumée victime, a indiqué le parquet dans un communiqué.
Ce dernier a "confirmé ses déclarations" et déposé plainte contre un élu de la ville d’Annecy pour des faits commis à l’automne 2023 alors qu’il était majeur.
Placé en retrait de ses fonctions
Une enquête préliminaire pour viol a été ouverte et confiée à la brigade des recherches d’Annecy, selon le parquet, qui précise que la personne mise en cause a été entendue par la gendarmerie le 9 juin. "De très nombreuses investigations ont été menées (auditions de témoins, investigations techniques…)", assure le parquet qui ajoute que l’enquête, clôturée le 9 juillet, est en cours d’étude.
Le journal local L’Essor Savoyard avait révélé cette affaire en Une, publiant le témoignage d’un homme accusant de viol le premier adjoint au maire d’Annecy, Anthony Granger. L’élu a depuis été placé en retrait de ses fonctions par le maire et ancien ministre macroniste Antoine Armand.
Les kiosques dévalisés
Selon Reporters sans frontières (RSF) et l’Essor Savoyard, la mairie a tenté, début juin, d’étouffer le scandale en achetant des centaines d’exemplaires du journal. L’Essor Savoyard, qui s’écoule généralement à 2 000 exemplaires, avait alors enregistré un record de vente, avec un bon de la moitié.
Dans leur enquête de RSF et de l’Essor Savoyard, les buralistes de la ville racontent leur surprise lorsqu’ils ont vu affluer soudainement de mystérieux clients avec un fort appétit pour le journal. Ils décrivent une véritable razzia : 20 exemplaires vendus par-ci, 50 par-là… Un homme dit vouloir s’en procurer une quinzaine "pour l’exposé de sa fille". D’autres se font passer pour des salariés du journal et en achètent 146 en grande surface, prétextant qu’une erreur se serait glissée dans le numéro.
Contacté, Antoine Armand avait assuré "qu’aucune consigne n’a été donnée et qu’aucune organisation n’a été mise en place" pour tenter d’étouffer l’affaire. Si elle était avérée, il "désapprouverait avec fermeté" cette opération.