La main-d’œuvre, un enjeu au cœur des préoccupations des entreprises | OHdio | Radio-Canada

Céline Gélinas, consultante agrée en immigration, Conseil canadien des relations industrielles et Registre québécois des consultants en immigration et Audrey Lapointe, copropriétaire de l’Hôtel Nouvelle Frontière, Franchisé des A&W et de l’Œufrier Amos. PHOTO: Radio-Canada / Isabelle Harvey
Les difficultés de recrutement de la main-d’œuvre sont au cœur des préoccupations du milieu des affaires en Abitibi-Témiscamingue. Alors que la campagne électorale bat son plein au Québec, les entreprises souhaitent que les candidats et les élus trouvent des solutions à ce dossier pour faire avancer l’économie de la région.
On souhaite que nos élus s’assoient avec nous, puis on souhaite qu’ils trouvent une solution pour faciliter la vie. Ça prend une régionalisation, suggère Éric Beaupré, PDG de Technosub et président de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda.
Éric Beaupré, pdg de Technosub, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda. (Photo d’archives)PHOTO: Radio-Canada / Isabelle Harvey
Est-ce qu’on en veut des restaurants, est-ce qu’on en veut des hôtels, est-ce qu’on en veut des services? se questionne l’homme d’affaires, qui parle des difficultés pour renouveler les permis de travail de ses employés. Il y a beaucoup de délais supplémentaires qui forcent des entreprises à renvoyer des employés chez eux, rester là sans revenu ou carrément mettre fin à leur emploi, a-t-il ajouté.
La consultante agréée en immigration Céline Gélinas abonde dans le même sens et confirme les lenteurs administratives pour les entreprises lorsque vient le temps de renouveler l’Évaluation de l’impact sur le marché du travail. Elle précise que les entreprises font tout pour tenter d’éviter les drames humains. C’est la personne qui s’est établie ici, y en a qui ont eu des bébés ici, qui ont des enfants qui vont à l’école. Il y a vraiment plein de choses. Ils ont acheté des maisons, il y a une voiture, et du jour au lendemain, on leur dit : “Tu dois quitter, c’est terminé“.
Le renouvellement des statuts des travailleurs est aussi devenu un casse-tête pour l’entrepreneure Audrey Lapointe, d’Amos. Propriétaire de plusieurs restaurants de la chaîne A&W en région, elle a dû se résigner à laisser partir des employés en raison des longs délais administratifs pour renouveler les permis de travail. Présentement, au niveau humain, c’est extrêmement difficile parce que ces gens-là vivent un stress incroyable. On dirait qu’on s’en va vers une pénurie de main-d’œuvre, un peu comme on a vécu en 2019 où là toutes les entreprises vraiment réduisaient les heures, fermaient, regrette Audrey Lapointe.
Éric Beaupré, de Technosub, ne cache pas son inquiétude face à cette situation. On dirait qu’il n’y a pas de volonté politique tant que ça au Québec d’écouter les régions à ce niveau-là, ajoute-t-il.

