"La leçon est chère" contre "une équipe de NBA" : ce Club Bruges-là n'était clairement pas encore prêt pour Aston Villa
Peut-être que l'idée d'avoir battu un "record" d'Anderlecht pourra permettre aux supporters blauw en zwart de dormir un peu plus paisiblement. Après tout, dès le moment où M. Schärer a donné le coup d'envoi, le Club Bruges est officiellement devenu l'équipe belge à avoir disputé le plus de Champions League, avec 13 participations contre 12 pour les Mauves (en comptant à partir du jour où la Coupe des clubs champions a changé de noms, en 1992). Les fidèles du Jan Breydel se réconforteront aussi en voyant la performance de Virgili par exemple et celle du collectif en deuxième mi-temps : pendant près d'une demi-heure, les hommes de Leko avaient ceux d'Emery, tout juste nommé pour le titre d'entraîneur de l'année au Ballon d'or, dans les cordes. Pour le reste, il faut dire que la soirée a plutôt tourné au vinaigre pour les Brugeois puisqu'ils ont fait honneur à la récente analyse de leur coach : le champion en titre est encore loin d'être prêt.
Si l'an dernier l'entrée en matière s'était soldée par un large succès contre Monaco (4-1), ce duel face à Aston Villa est clairement arrivé trop tôt pour le Club qui, le premier, est conscient qu'il devra décrocher 10, voire 11 points pour espérer une qualification pour les barrages. Il n'est jamais trop tôt pour commencer à compter ! Mais que la bande à Vanaken se rassure : il y a deux ans aussi le FCB s'était incliné lors de son premier match (0-3 contre Dortmund) avant d'atteindre les huitièmes de finale où ils avaient été éliminés par ces maudits Villans justement. Autant dire que Bruges se réjouit de savoir que le match contre l'Inter Milan est programmé dans plus d'un mois. "En Italie, il ne faudra pas être parfait, mais 'super' parfait pour gagner", a annoncé Leko après la défaite de ce mardi.
Des recrues pas au niveau
D'ici-là, les nouveaux auront eu un peu plus de temps pour s'intégrer. Virgili, séduisant, a surtout impressionné sur des éclats individuels plutôt que dans un système, tandis que Potts, Sommer et Lee ont complètement loupé leur entrée en matière. Le premier a laissé Torres transpercer l'entrejeu d'une course de 40 mètres pour assister son capitaine qui a justifié le surnom que lui donnent ses compatriotes écossais : "McGinnedine Zidane". Le deuxième, quant à lui, est passé incompréhensiblement à côté sur une sortie dans les pieds de Jackson. L'ancien attaquant de Kompany au Bayern n'a eu, ensuite, qu'à se jouer du troisième pour mettre le ballon au fond.
guillementSommer ? Les erreurs, ça arrive. Pour moi, c'est le meilleur transfert.
Face à une équipe qui n'avait cadré qu'une seule frappe sur ses trois matchs en Premier League, le Club Bruges n'a été que l'ombre de lui-même durant une grande partie de la rencontre. Heureusement, les buts de Vetlesen et Tresoldi ont permis aux leurs de ne pas complètement sombrer. Chaque secteur, bien que remodelé par le mercato estival, a déçu. De quoi donner beaucoup de boulot à Leko, lui qui a tout de même préféré relativiser la défaite.
Leko a apprécié contre "une équipe de NBA"
"Je ne pense pas que la première mi-temps était mauvaise, a-t-il analysé. Ce n'est pas comme si nous étions étouffés et que nous ne passions pas la ligne médiane. Je pense que nous avons surtout donné des cadeaux à Aston Villa. Je suis heureux de la réaction en deuxième mi-temps. J'ai parfois aimé le football que nous avons proposé contre une grosse équipe de Premier League, la NBA du foot. À un moment, nous jouions au handball autour de leur grand rectangle. Un point aurait été beau pour les gars, mais Villa a mérité de gagner. La leçon était chère. L'erreur de Sommer ? Il le sait. Lors des derniers matchs, je l'ai remercié et je lui ai dit que c'était grâce à lui que nous avions gagné. Les erreurs, ça arrive. Yann est, pour moi, notre meilleur transfert."
Reste à gérer les infiltrations adverses, limiter les pertes de balle inutiles et les cadeaux, intensifier la rigueur défensive et, idéalement, chasser la malédiction anglaise avant que Liverpool ne débarque en Venise du nord au mois de novembre : des 18 derniers affrontements contre un club de Premier League, Bruges n'en a gagné qu'un seul et perdu quatorze !
CLUB BRUGES : Sommer ; Sabbe (46e Siquet), Lee, Mechele, Seys ; Forbs, Vetlesen (77e Tsawa), Potts (86e Vermant), Vanaken (77e Lemaréchal), Virgili (86e Diakhon) ; Tresoldi.
ASTON VILLA : Suzuki ; Wan-Bissaka (68e Bogarde), Lindelöf, Torres, Maatsen ; McGinn, Gomes, Kamara (69e Barkley), Buendia (69e Alysson), Hemmings ; Jackson (81e Abraham).
Arbitre : Sandro Schärer (Sui).
Cartes jaunes : Maatsen, Siquet, Virgili, McGinn, Vermant, Gomes.
Buts : 11e McGinn (0-1), 19e Vetlesen (1-1), 22e Buendia (1-2), 43e Jackson (1-3), 61e Tresoldi (2-3).
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