La justice annule les élections municipales à Vénissieux, celles de Vaulx-en-Velin et Saint-Fons menacées - Lyon Capitale

Idir Boumertit, nouveau maire de Vénissieux. [Photo via MaxPPP]
La justice a annulé ce mardi les élections municipales à Vénissieux, remportées en mars dernier par Idir Boumertit (LFI), en raison d'irrégularités sur la liste RN-UDR.
Coup dur pour LFI : la justice administrative a annulé mardi l'élection d'un maire Insoumis à Vénissieux, en raison d'irrégularités sur la liste RN-UDR, et deux autres victoires du parti sont menacées à Vaulx-en-Velin et Saint-Fons, toujours dans la banlieue lyonnaise. Le tribunal administratif de Lyon a décidé d'annuler "dans leur ensemble" les opérations électorales à Vénissieux remportées par le député LFI Idir Boumertit avec seulement 25 suffrages d'avance sur la maire communiste sortante Michèle Picard.
Sa décision s'appuie sur de fausses déclarations de domiciliation de la tête de liste d’extrême droite RN-UDR, Quentin Taïeb, et de certains colistiers, qui sont déclarés inéligibles pour 24 ou 18 mois, selon cette décision consultée par l'AFP. "On fait les frais des insuffisances et de possibles manoeuvres des autres", a déploré Idir Boumertit. "Mais on continue à travailler. On va faire appel mais s'il faut retourner devant les électeurs, on ira et on gagnera encore plus largement", a-t-il encore dit à l’AFP.
Comme il s'agit d'un litige électoral, le seul recours possible est de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat, qui devrait mettre plusieurs mois à prendre une décision. S'il confirmait ensuite l'annulation de l'élection, un nouveau scrutin devra être organisé dans un délai rapproché, un casse-tête avec la présidentielle en avril et début mai. Selon Idir Boumertit, les problèmes autour de la liste RN étaient connus de la maire sortante, du procureur et de la préfecture, ce qui n'a pas empêché qu'elle soit enregistrée. "Cela pose question", a-t-il dit.
"La préfecture du Rhône a réussi son coup. Sa propre erreur, son amateurisme professionnel, sa volonté délibérée d'ignorer notre alerte avant l'élection provoquent l'annulation judiciaire de l'élection municipale de Vénissieux", a également tonné sur X le leader Insoumis et candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon.
"Ubuesque"
En mars, LFI a réussi à s'implanter dans plusieurs grandes villes dont Saint-Denis, Roubaix mais aussi à Vénissieux (65.000 habitants), Vaulx-en-Velin (53.000) et Saint-Fons (20.000), trois communes de la banlieue de Lyon, mais de multiples recours ont été déposés.
Comme à Vénissieux, la rapporteure publique - dont les avis sont généralement suivis par le tribunal administratif - a préconisé mi-septembre d'annuler l'élection à Vaulx-en-Velin, où le député LFI Abdelkader Lahmar a battu la sortante socialiste Hélène Geoffroy, avec 104 voix d'avance.
Elle a motivé son avis par des irrégularités sur une liste divers centre, dont la tête de liste, Christine Bertin, avait omis, "de bonne foi", de mentionner sur ses bulletins de vote la nationalité néerlandaise d'une colistière comme l'impose le code électoral. Cette dernière avait saisi la justice administrative pour contester l'annulation des 693 voix qu'elle avait recueillies au second tour, au motif que la préfecture et la commission électorale ne l'avaient informée de cette irrégularité que quelques heures avant le scrutin.
Pour Abdelkader Lahmar, il s'agit d'une situation "incompréhensible et ubuesque". Ces irrégularités "ne sont pas de notre fait", a-t-il expliqué à la presse il y a quelques jours, annonçant lui aussi son intention de saisir le Conseil d'Etat en cas d'annulation des élections.
A Saint-Fons, la rapporteure publique a préconisé mardi l'annulation de l'élection de l'Insoumis Hadi Mebarki après une irrégularité sur la liste du maire sortant Christian Duchêne (divers gauche). L'absence de la mention de la nationalité portugaise d'une colistière sur sa liste avait été soulevée le jour du scrutin par la préfecture, qui avait demandé que ces bulletins ne soient pas comptabilisés, mais certains l'avaient été malgré ces consignes. "Sans entrer dans des polémiques excessives, on a trois villes LFI qui sont débranchées pour des erreurs que d'autres listes ont commises", a observé le maire Hadi Mebarki.
"Que trois maires Insoumis sur le territoire lyonnais soient victimes d'une tentative de strike, c'est une injustice réelle", a ajouté Idir Boumertit. "Mais on reste debout".