La guerre au Moyen-Orient dope les centrales à charbon en Asie mais les énergies renouvelables vont quand même devenir la première source mondiale d’électricité cette année
La guerre au Moyen-Orient dope les centrales à charbon en Asie mais les énergies renouvelables vont quand même devenir la première source mondiale d’électricité cette année
Publié aujourd'hui à 13h18
Lire dans l'appEn perturbant les approvisionnements d'hydrocarbures, la guerre entre les États-Unis et l'Iran a poussé certains pays à se tourner vers le charbon pour produire de l'électricité, entraînant une hausse des émissions de carbone. Mais les énergies renouvelables progressent encore plus fortement.
La guerre au Moyen-Orient a des conséquences paradoxales sur la production d'électricité. D'un côté, elle a conduit certains pays, en Asie notamment, à faire tourner davantage leurs centrales à charbon, le mode de production d'électricité le plus polluant. De l'autre côté, la crise a dopé les énergies renouvelables, à tel point qu'elles vont devenir la première source mondiale de production d'électricité en 2026. Le conflit opposant les États-Unis à l'Iran a conduit depuis mars 2026 au blocage régulier du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du gaz naturel liquéfié (GNL), poussant certaines économies à un retour vers le charbon.
Ainsi, "la production mondiale d'électricité à partir du charbon devrait augmenter de 1,4% en 2026, après être restée globalement stable en 2025", note l'AIE dans un rapport sur les marchés de l'électricité.
Au-delà de ces difficultés d'approvisionnement, l'augmentation du recours aux centrales à charbon s'explique par la flambée des prix de l'énergie en 2026. En hausse de 30% par rapport au premier semestre 2025, ils sont "à leurs plus hauts niveaux depuis la crise énergétique de 2022 et 2023", alors provoquée par la guerre en Ukraine. En conséquence, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) issues de la production d'électricité devraient augmenter de 1% en 2026, avec de grandes disparités selon les régions. L'Asie du Sud-Est devrait voir ses émissions croître de 6% alors que l'Union européenne devrait enregistrer une baisse de 5%.
Les renouvelables deviennent la première source d'électricité
Ces rejets de CO2 devraient cependant se stabiliser en 2027, grâce à la progression de la production d'énergies renouvelables, "en passe de devenir la première source mondiale de production d'électricité en 2026, dépassant le charbon, après avoir quasiment atteint la parité en 2025", estime l'analyse. L'offre de renouvelables devrait ainsi être en hausse de 8% en 2026 et sa part dans l'offre mondiale devrait passer de 33% en 2025 à 37% en 2027. Le secteur est porté par l'énergie solaire, dont la production devrait dépasser celle de l'éolien en 2026 et ainsi "devenir la deuxième source d'électricité mondiale renouvelable après l'hydroélectricité", poursuit l'AIE.

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De manière générale, la consommation d'électricité "est sur une trajectoire nettement ascendante", portée notamment par l'industrie, les véhicules électriques et les centres de données, assure l'AIE, précisant qu'elle devrait croître de 3,6% en 2026, puis de 3,8% en 2027, contre une progression de 3% en 2025.
Enfin, l'épisode El Niño, variation naturelle du climat qui réchauffe les températures et entraîne des changements au niveau des vents, s'avère plus fort que prévu cette année. Ce phénomène météorologique "pourrait affecter la demande électrique", en augmentant les besoins de refroidissement et en limitant la production hydroélectrique et éolienne.