La grève des cols bleus de Montréal serait tournante par…
La grève annoncée par les cols bleus de Montréal, du 22 au 28 septembre, prendrait finalement la forme d’une grève tournante parmi les arrondissements de la ville, 24 heures à la fois.
Et, pendant cette période de 24 heures consécutives durant laquelle des arrondissements seraient tour à tour touchés par la grève, des services essentiels seraient maintenus.
Le Tribunal administratif du travail a entendu, lundi, la Ville de Montréal et le Syndicat des cols bleus regroupés, concernant les services essentiels à maintenir durant ces sept jours de grève, qui coïncideraient avec les Championnats du monde de cyclisme sur route.
Avant l’audience, les deux parties avaient conclu une entente partielle sur ces services essentiels.
Toutefois, elles ne s’entendaient pas sur les effectifs requis pour la « sécurisation des parcs » et les tâches inhérentes, qui comprennent parfois des enjeux comme le ramassage de seringues, de verre cassé ou d’objets tranchants. Elles en ont discuté durant une partie de la journée d’audiences, lundi.
La section locale concernée du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, a plaidé que la liste de services essentiels qu’elle avait soumise était suffisante pour assurer la santé et la sécurité publique.
« Le syndicat ne considère pas que la sécurisation des parcs, c’est une activité essentielle qui pourrait mettre en danger la santé, la sécurité publique, si elle n’était pas effectuée durant 24 heures, parce que, on le rappelle, on parle d’une grève de 24 heures, rotative. Il n’y a jamais un arrondissement qui va être en grève deux jours d’affiliée », a plaidé Me Arianne Mireault, avocate du SCFP.
De son côté, la Ville de Montréal a plaidé que cette liste de services essentiels, particulièrement pour ce qui est des effectifs pour la sécurisation des parcs, était insuffisante pour assurer la santé et la sécurité publique.
« Que ce soit bien clair : nous, ce qu’on demande, c’est de déclarer que la liste, elle est insuffisante, en raison du danger que le fait de ne prévoir aucun service pour la sécurisation des parcs » fait peser « sur les citoyens et les enfants qui fréquentent les parcs de la ville de Montréal », a plaidé Me Camille Dulude, pour la Ville.
Il appartient maintenant au juge administratif Sylvain Gagnon de trancher. Il compte le faire « le plus tôt possible ».
Les cols bleus avaient déjà débrayé durant trois jours, à la mi-avril, en maintenant des services essentiels. Le syndicat compte environ 6000 membres.
Le litige porte principalement sur les augmentations de salaire. Le syndicat affirme refuser que ses membres « s’appauvrissent », alors que la Ville soutient avoir une marge de manœuvre très serrée, vu ses difficultés budgétaires.