La gardienne gaumaise Eryn De Marchi, une jeune Louve qui a les crocs

Les joueuses d'Assenois ne sont pas les seules représentantes luxembourgeoises en championnat interprovincial cette saison. Eryn De Marchi, jeune citoyenne d'Ethe, défend en effet les filets de l'équipe B de La Louvière, qui vient précisément d'atomiser Assenois lors de la troisième journée de compétition (6-1)."Mais je n'ai pas disputé ce match, indique la jeune fille, qui fêtera ses 18 ans en novembre.Je suis restée sur le banc car je venais de jouer avec notre équipe U18 contre Westerlo 2 h plus tôt."

Une Gaumaise partie exercer ses talents dans le Hainaut: la situation n'est pas banale et son parcours mérite que l'on s'y attarde un peu, d'autant qu'il se conjugue depuis quelques mois avec des sélections en équipe nationale de beach-soccer. "J'ai commencé à jouer en U8 à Saint-Mard, rembobine Eryn dont le papa, Dimitri, a porté les couleurs d'Ethe par le passé. Au début, j'alternais entre les buts et un poste dans le champ, mais je suis vite restée entre les perches. J'ai rejoint Meix ensuite, en provinciaux, toujours avec les garçons, puis je suis passée au White Star Woluwe. Parallèlement, je fréquentais le foot-élites ACFF à Liège après avoir pris part à des sélections à Tubize et une fille que je connaissais dans ce cadre m'a indiqué que le White Star cherchait une gardienne pour ses U18 élites. J'ai saisi l'occasion. Je m'entraînais à Liège et je jouais le week-end avec le White Star."

Jusqu'à l'an dernier. Moment choisi par la Gaumaise pour passer dans les rangs de La Louvière. "Avec le White Star, nous avions affronté les Louves en D2, explique-t-elle. Elles sont montées cette saison-là et m'ont sollicitée pour les rejoindre en D1 (NDLR: l'antichambre de l'élite, appelée Lotto Super League). C'était l'occasion pour moi de franchir un cap, de m'exercer dans un cadre professionnel."

De numéro 1 à numéro 3

Un cap qu'elle a franchi avec succès puisqu'elle a progressivement gagné sa place de titulaire en équipe fanion, renvoyant Justine Gomboso sur le banc pour la deuxième partie de saison. La montée en Super-League, conjuguée aux arrivées de l'internationale ukrainienne Kateryna Boklach et de la Néerlandaise Selena Visser, a toutefois redistribué les cartes. Eryn De Marchi occupe désormais le troisième rang dans la hiérarchie louviéroise et doit prendre son mal en patience au sein de l'équipe B, en interprovincial. "Cela ne fait pas trop mes affaires, avoue-t-elle, mais je le répète, j'ai quand même l'occasion de m'entraîner et de progresser dans les meilleures conditions. J'espère bousculer la hiérarchie. Je travaille pour devenir la n° 2 et, à plus long terme, la n° 1. Je veux devenir une valeur sûre parmi l'élite."

Pour cela, elle quitte trois fois par semaine l'internat de l'école Saint-Vincent de Soignies pour rejoindre, en bus, le centre d'entraînement."Et j'attends de pouvoir bénéficier d'un statut d'élite sportive afin de pouvoir remplacer 2 h de sport à l'école par une séance d'entraînement supplémentaire", ajoute la jeune fille qui, chaque vendredi, reprend le train vers la Gaume puis, le week-end, effectue un aller-retour en voiture avec ses parents afin d'aller disputer son match et reprend encore le train le dimanche soir. "Mes parents ne comptent plus les kilomètres, sourit-elle. Surtout en période de vacances puisque l'internat est alors fermé et qu'ils font les allers-retours pour les entraînements. Cela m'embête de les contraindre à autant de trajets, mais d'un autre côté, je sais qu'ils sont contents de me voir à ce niveau."

"Le beach m'aide à progresser"

Comme ils étaient sans doute très heureux aussi d'apprendre, voilà quelques mois, qu'Eryn allait prendre part à son premier tournoi international. La jeune fille, qui mesure 1,72 m et s'appuie notamment sur une bonne explosivité, a en effet été convoquée pour disputer le championnat d'Europe de beach-soccer. Elle qui avait touché de près la sélection nationale U17 en prairie – "j'ai participé à des sélections" – n'a pas manqué l'occasion de revêtir la vareuse tricolore. "Une autre joueuse de La Louvière, qui pratique le beach-soccer, m'a proposé de la suivre pour un stage de quatre jours à Malaga, où le sélectionneur national dirige une académie. J'y suis allée, j'ai beaucoup aimé et le sélectionneur m'a proposé d'aller à l'Euro cet été. Nous y avons perdu tous nos matches, contre la Pologne, les Pays-Bas, le Portugal et l'Italie, future championne, mais notre équipe est encore en construction. C'était d'ailleurs la première fois qu'il y avait une véritable organisation autour d'elle. J'ai beaucoup apprécié l'expérience."

Et elle a envie d'y retourner. "D'autant que cela m'aide à progresser dans le football, assure-t-elle. On travaille les réflexes à cause des faux rebonds, l'endurance aussi, car le sable et la chaleur sont assez usants, et le mental également. J'espère en tirer profit."

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