La France risque d'être la cible "d'actions" de guerre hybride "plus directes et violentes", prévient la cheffe du renseignement intérieur

La Russie est régulièrement accusée de mener une guerre hybride contre les nations européennes. Des incursions de drones en Allemagne inquiètent notamment les autorités.

Publié le 26/08/2026 20:18

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La directrice de la DGSI Céline Berthon lors d'une rencontre avec le Medef à Paris, le 26 août 2026. (THOMAS SAMSON / AFP)
La directrice de la DGSI Céline Berthon lors d'une rencontre avec le Medef à Paris, le 26 août 2026. (THOMAS SAMSON / AFP)

La France doit envisager de devoir faire face à des actions de guerre hybride plus brutales sur son sol, a estimé mercredi 26 août la cheffe du renseignement intérieur français, Céline Berthon. La directrice générale de la sécurité intérieure (DGSI) cite notamment l'exemple des drones explosifs découverts à l'aéroport allemand de Leipzig (Allemagne). Il s'agit d'"un signal sur le fait que nous devons considérer comme possibles des actions hostiles plus directes, violentes, pouvant survenir sur notre territoire national", a-t-elle déclaré lors d'un débat organisé par le patronat français, le Medef.

Début août, un drone chargé d'explosifs avait été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l'aéroport de Leipzig, dans l'est de l'Allemagne, à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens, et un deuxième engin aurait heurté un avion-cargo de DHL quelques minutes plus tard. D'après des médias allemands, qui s'appuient sur des sources proches des autorités, un troisième drone a été retrouvé dix jours plus tard dans un champ de Kabelsketal, à l'ouest de l'aéroport, avec de l'explosif.

La Russie est régulièrement accusée par les autorités européennes de conduire ces opérations dites de guerre hybride, qui couvrent un spectre allant de la propagation de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux aux sabotages ou tentatives d'assassinat. Mais cette découverte à Leipzig a été perçue comme une escalade. En France, ces actions peuvent viser les entreprises du secteur de la défense, mais aussi "toute la chaîne qui concourt à alimenter la BITD (base industrielle et technologique de défense), les sous-traitants, et puis aussi tous les secteurs de production stratégiques, l'énergie, les communications qui peuvent être des cibles", a déclaré Céline Berthon.