La CSQ appelle les partis politiques à avoir «du courage en éducation»
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses trois fédérations du réseau scolaire ont appelé les partis politiques à faire de l’éducation l’une des priorités de la campagne électorale, à quelques jours de son déclenchement.
« Le message, à l’aube de la prochaine campagne électorale, c’est un message de courage qu’on souhaite du prochain gouvernement, de tous les partis politiques qui se feront la lutte pendant quelque 39 jours, c’est qu’ils aient du courage en éducation », a clamé Éric Gingras, président de la CSQ, en conférence de presse lundi à Montréal.
Pour M. Gingras, cela signifie être capable de se dire que « ça ne va pas bien », citant « un problème de financement », un « problème de pénurie », « des tâches [qui] sont lourdes » et « la précarité qui cause un problème de rétention et d’attraction du personnel ».
Le président de la CSQ a demandé la tenue d’états généraux réunissant tous les acteurs de réseau afin d’établir un plan en éducation « pour les 15-20 prochaines années et non pas pour un cycle électoral », qui tient aussi compte de la violence, du numérique et de l’intelligence artificielle. Les derniers états généraux sur l’éducation au Québec remontent à 1995.
Interrogé par des journalistes à savoir quel parti a le plus de « courage » en éducation, M. Gingras a répondu : « C’est une période où les partis politiques nous font tous un petit peu la cour. Je n’ai pas de partis politiques qui sont plus à l’écoute que d’autres », en précisant qu’il préfère attendre la campagne électorale pour commenter davantage.
« Exode » du personnel et coupes
La mise à jour du tableau de bord du ministère de l’Éducation publiée le 12 août dernier a révélé que 3132 postes d’enseignant sont encore à pourvoir dans les écoles primaires et secondaires au Québec, à quelques jours de la rentrée scolaire.
« C’est trop », a lancé Richard Bergevin, président de la Fédération des syndicats de l’enseignement.
Celui-ci évoque une « pénurie », mais aussi « un exode » des enseignants. « On a besoin de savoir pourquoi les gens quittent présentement la profession », affirme-t-il, réclamant ainsi la mise en place d’entretiens de départ — avec les moyens nécessaires pour les réaliser — que ce soit pour les enseignants, le personnel de soutien ou les professionnels.
M. Bergevin demande également la mise en place de programme d’insertion professionnelle pour soutenir les jeunes enseignants qui sortent de l’université. Selon lui, au moins 25 % d’entre eux quittent la profession dans les cinq premières années.
Il a également insisté sur le besoin criant d’avoir du personnel professionnel et du personnel de soutien dans les écoles, dénonçant les coupes que ces milieux ont subies « dans les deux dernières années ».
« Évidemment, souvent, on ne coupe pas les enseignants parce qu’on a besoin d’un enseignant dans la classe, mais tout le personnel autour, les professionnels, le personnel de soutien ont vécu des coupes », a-t-il déploré. « Ces gens-là, on en a besoin dans nos écoles, puis on en a besoin avec nous, les enseignants, pour être capable d’offrir le service aux élèves. »
Personnel professionnel et de soutien
Même son de cloche pour Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire, qui affirme que la « pénurie » du personnel de soutien est « encore très présente », ce qui « se répercute sur l’ensemble des organisations ».
Selon le tableau de bord du ministère de l’Éducation, 612 postes de technicien en éducation spécialisée et 888 postes d’éducateur étaient encore à pourvoir en avril dernier. « Vous savez, en 2016-2017, on était autour de 180 000 [élèves avec des besoins particuliers], en 2024-2025, on est à 250 000, a souligné M. Pronovost. Cessons les coupes ! »
La situation est similaire du côté des professionnels du milieu scolaire. « On a des postes vacants au niveau des professionnels de façon alarmante partout au Québec », a affirmé Carolane Desmarais, présidente de la Fédération du personnel professionnel de l’éducation du Québec (FPPE).
Selon un sondage mené par la FPPE au printemps, 25 % des 3300 répondants ont affirmé envisager de quitter la profession. Mme Desmarais cite trois raisons principales : la surcharge de travail, le climat de travail « en lien avec les compressions budgétaires » et le manque de reconnaissance.
La présidente de la FPPE demande aux partis politiques, et surtout au prochain gouvernement, de fixer un « seuil » de personnel professionnel dans les écoles du Québec qui se calculerait « en fonction des besoins et des réalités du terrain ».