Pompiers en France : les syndicats dénoncent un sentiment de mépris après la réforme

Publié8. septembre 2026, 21:49

France«La colère va monter, elle gronde dans les casernes»

Épuisés après un été en enfer, les pompiers attendaient une réforme majeure. Ils ressortent du ministère de l'Intérieur «désabusé» et avec un «sentiment de mépris».

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Après un été en enfer, les pompiers veulent être entendus.

Après un été en enfer, les pompiers veulent être entendus.AFP

Les pompiers épuisés après une saison des feux particulièrement éprouvante et plusieurs vagues caniculaires attendaient du gouvernement des moyens financiers, matériels et humains. Au premier jour de leur grève mardi, ils sont ressortis du ministère de l’Intérieur «désabusés» et empreints d’un «sentiment de mépris».

«Nous attendions une grande loi, nous découvrons aujourd’hui un texte qui évite les sujets essentiels», a réagi lors d’un point-presse Xavier Boy, du syndicat FA SPP-PATS et porte-parole de l’intersyndicale de pompiers professionnels. En première ligne face aux feux d’une virulence et ampleur inédite cette année, tout en assurant au quotidien les secours à la personne, les pompiers, et leurs neuf organisations syndicales, ont été reçus par le directeur de la sécurité civile qui leur a présenté les premiers chapitres d’un projet de loi dit de modernisation de la sécurité civile.

«On ne fait pas grève pour avoir des primes, on fait grève pour vous»

Xavier Boy, pompier syndicaliste.

Pour faire entendre leurs revendications, les syndicats ont appelé à se mobiliser dès mardi avant une manifestation le 29 septembre à Paris, parfois scotché une écusson noir «gréviste» sur l’épaule. Leur préavis de grève court a minima jusqu’au 20 octobre, ont-ils rappelé, soit la date du début de l’examen du projet de loi de finances censé contenir d’autres mesures les concernant. Le mouvement n’a pas d’impact sur les secours car des réquisitions sont possibles.

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«On ne fait pas grève pour avoir des primes, on fait grève pour vous, pour la distribution des secours, on fait grève pour la population», insiste M. Boy qui évoque un «sentiment de mépris» pour la profession et par-delà, de la population même. Le 13 août, lors d’une première mobilisation et après une entrevue avec Laurent Nuñez quelques jours après le feu dantesque de Gironde et la mort de deux pompiers en intervention, «on a eu un blabla politique. Là on a vu un blabla institutionnel», a réagi pour sa part David Saquet (Unsa).

«La colère va monter, elle gronde dans les casernes» et «avec ce qu’on vient d’avoir ce matin, elle n’est pas près de s’apaiser, ça c’est une certitude», prévient-il. Depuis 2002, le nombre d’interventions des pompiers a progressé de plus de 30%, et la part du secours d’urgence aux personnes est passée de 59% à 87% des missions, sur fond d’augmentation des risques liés au réchauffement climatique et de vieillissement de la population.

«Toilettage»

Plus de 20 ans après la dernière loi de modernisation, les pompiers attendaient beaucoup du texte né du Beauvau, cette concertation entamée en 2024 mêlant pompiers, Samu, collectivités et autres acteurs d’un système sous haute tension avec des départements, principaux financeurs, à l’os. Mardi, «on a eu la présentation d’un projet de loi Matras II», «pas une réforme ambitieuse», tranche Manuel Coullet (SUD). «C’est juste la suite, un toilettage, des ajustements de la loi Matras» de 2021 visant à consolider le modèle de sécurité civile.

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À titre d’exemple, il cite l’idée d’introduire des journées nationales de résilience, quand les pompiers eux réclament des camions, plus «de pompiers dans les camions», plus de «moyens financiers pour armer ces camions». David Saquet décrit un «grand vide»: «Tout ce qui est argent, finances, moyens matériels, ils se sont cachés derrière la Lopmi (loi de programmation du ministère de l’Intérieur, NDLR) et la loi de finances 2027».

21'000 embauches réclamées

Selon le document consulté par l’AFP, le projet de loi traite de la modernisation des SIS et l'«adaptation des moyens humains». Il comprend également un renforcement du pilotage de la mission de secours d’urgence et du contrat territorial qui prévoit de placer la coordination entre Samu, ambulanciers privés, SDIS et associations agréées de type Protection civile, sous l’autorité du préfet chargé de définir les responsabilités de chacun.

Les syndicats réclament l’embauche de 21'000 professionnels, un nombre calculé sur la base d’un rapport de l’Inspection générale de l’administration de 2025, autant de postes aujourd’hui occupés par des pompiers volontaires.

(les/jw)

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