La chronique de Dominique Monami : "Chapeau à Zizou Bergs de s'être rendu disponible pour la Coupe Davis"
Que ce soit en Coupe Davis ou en Billie Jean King Cup, les forfaits se multiplient. Blessures, gestion du calendrier, choix sportifs : les raisons sont nombreuses, mais le constat est le même. On arrive en fin de saison, une période chargée avec l'ouverture de la tournée asiatique et l'enchaînement de gros tournois. Certains joueurs et joueuses ne veulent pas prendre le risque d'aggraver un pépin physique à l'approche de ces échéances. D'autres, comme Elise Mertens, ont des points à défendre — dans son cas, ceux de son titre à Singapour l'an dernier. C'est tout le problème de faire coïncider un tournoi WTA avec la Billie Jean King Cup.
On pourrait se dire qu'attribuer des points à ces épreuves inciterait davantage les meilleurs à s'aligner. Mais il n'y en a pas non plus aux Jeux olympiques. L'objectif est simplement différent : dans ces compétitions par équipes, on représente son pays, on joue pour une fierté d'appartenance. Sur le circuit classique, on a beau avoir un petit drapeau à côté de son nom, on joue pour soi.
Quand je jouais, j'avais à cœur de rendre ce que l'on m'avait donné. Sans ma fédération, sans son soutien financier, je n'aurais jamais pu construire ma carrière. C'est ma façon de voir les choses, on n'est pas guidé par l'argent et on ne devrait d'ailleurs même pas être payé.
Billie Jean King Cup – Une Belgique diminuée face à une Ukraine privée de Kostyuk: "Tout est encore possible", lance Wim FissetteTrouver une fenêtre sans tournoi
L'idéal serait de revoir la programmation : trouver une fenêtre sans tournoi, ou avec des épreuves de moindre envergure, pour garantir la présence des meilleurs. Le problème, c'est que l'ITF, l'ATP et la WTA restent des entités indépendantes, aux intérêts souvent divergents. Une vraie concertation entre elles serait nécessaire.
La question de la surface mérite aussi d'être posée. Voir l'Autriche choisir la terre battue entre la tournée nord-américaine sur dur extérieur et la tournée asiatique sur dur indoor, c'est un vrai casse-tête pour les joueurs. On l'a vu avec Zizou Bergs : passer d'une surface à l'autre en si peu de temps pèse autant physiquement que mentalement, on peut vite perdre ses repères et sa confiance. Zizou est quelqu'un de très patriotique, qui aime jouer pour son pays. Chapeau à lui d'avoir répondu présent. Dans le même temps, ce choix stratégique de surface fait aussi partie du charme de la compétition. Peut-être qu'éviter de programmer un tournoi la semaine suivante serait une piste, mais dans le calendrier actuel, c'est loin d'être simple.
À l'inverse, je comprends parfaitement les choix de Raphaël Collignon et Alexander Blockx. Le premier a une demi-finale à défendre à l'European Open de Bruxelles en octobre. Blessé au genou, il doit laisser à son corps le temps de récupérer. On ne peut pas se permettre de ne raisonner qu'à court terme, et jouer au tennis sans être à 100 %, c'est tout simplement impossible. Ce sont des choix qu'il faut respecter. Une carrière ne se joue pas sur une seule semaine de Coupe Davis.
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