"L’un des derniers westerns avec de vraies scènes" : il y a 28 ans, Spielberg annonçait que ce grand film à succès des années 90 allait marquer la fin d'une époque dans l'Histoire du cinéma
Steven Spielberg l’avait prédit dès 1998 : “Le Masque de Zorro” serait l’un des derniers grands films d’aventure tournés “à l’ancienne”. Une prédiction faite à Antonio Banderas qui s’est rapidement révélée juste.

À la fin des années 90, alors que les effets numériques prenaient une place grandissante à Hollywood, Steven Spielberg avait déjà compris que Le Masque de Zorro appartenait à une époque sur le point de disparaître.
Lorsqu’il arrive dans les salles en 1998, Le Masque de Zorro possède tout ce que l’on attend d’un grand film d’aventure : des duels à l’épée, des cascades, des chevaux lancés à pleine vitesse et des décors bien réels. Un spectacle résolument traditionnel qui, sans que le public en ait forcément conscience, appartient déjà à un cinéma en pleine mutation.
Steven Spielberg, lui, l’avait parfaitement compris. Producteur exécutif du long-métrage réalisé par Martin Campbell, il avait même prévenu Antonio Banderas que cette manière de faire des films risquait bientôt de devenir beaucoup plus rare.
Spielberg avait déjà vu arriver la révolution numérique
Le cinéaste était particulièrement bien placé pour mesurer l’ampleur du changement qui se préparait. Cinq ans auparavant, il avait lui-même participé à une véritable révolution avec Jurassic Park. Sorti en 1993, le blockbuster avait démontré les possibilités spectaculaires offertes par les images générées par ordinateur, tout en les associant à des animatroniques et à des effets physiques.
À la fin de la décennie, Spielberg pressentait désormais que le numérique allait prendre une place toujours plus importante dans les productions hollywoodiennes. Et c’est justement pendant la fabrication du Masque de Zorro qu’il aurait fait part de cette conviction à son acteur principal.
TriStar Pictures
Des années plus tard, en 2023, lors d’une interview accordée à Yahoo, Antonio Banderas s’est souvenu des paroles prononcées par le réalisateur sur le tournage :
“Steven Spielberg m’a dit un jour, pendant le tournage : ‘Ce sera probablement l’un des derniers westerns tournés comme les westerns étaient tournés à l’époque, avec de vraies scènes avec de vrais chevaux, où tout est réel, de vrais combats à l’épée, pas d’images de synthèse.’ Il ne s’agissait que d’effets pratiques.”
Spielberg ne s’était pas arrêté à ce constat. Il lui aurait également lancé cet avertissement qui, avec le recul, prend une résonance toute particulière :
“Mais les choses vont changer. Elles vont changer et elles vont vite changer. Tu devrais donc être fier de ce film.”
Un tournage dont Antonio Banderas mesure encore mieux la valeur aujourd’hui
Sorti aux États-Unis le 17 juillet 1998, Le Masque de Zorro réunissait Antonio Banderas, Catherine Zeta-Jones et Anthony Hopkins. Le pari s’est révélé payant puisque le film a engrangé plus de 250 millions de dollars à travers le monde.
Mais pour son interprète principal, sa valeur ne se limite évidemment pas à son succès commercial. Avec les années, Banderas a pris davantage conscience de ce que représentait ce tournage et de la justesse des paroles que Spielberg lui avait adressées.
“Je suis probablement encore plus [fier] maintenant qu’à l’époque où je le faisais. Je ne sais pas si j’étais absolument conscient, quand je tournais Zorro, que cela allait avoir un impact. L’impact qu’il a eu, surtout après 25 ans… C’était un très beau film d’aventure avec beaucoup d’ingrédients qui le faisaient briller d’une très belle manière. Je n’en garde que de bons souvenirs.”
Une nostalgie qui s’explique aussi par la manière dont le film avait été conçu. Derrière son spectaculaire se trouvait encore une grande quantité d’éléments concrets : les comédiens devaient réellement manier leurs armes, monter à cheval et évoluer au milieu de décors physiques. Une approche qui donnait au film cette dimension de grande aventure hollywoodienne classique à laquelle Spielberg faisait référence.
TriStar Pictures
Sept ans plus tard, Hollywood n’était déjà plus le même
L’aventure de Zorro ne s’est pourtant pas arrêtée là. En 2005, La Légende de Zorro a permis à Antonio Banderas et Catherine Zeta-Jones de retrouver leurs personnages, toujours sous la direction de Martin Campbell.
Seulement sept années séparaient les deux longs-métrages, mais elles avaient suffi pour transformer profondément le paysage cinématographique. Entre-temps, les effets visuels numériques avaient connu des progrès considérables et s’étaient installés durablement dans les méthodes de production des grands studios.
La prédiction formulée par Steven Spielberg sur le plateau du premier film apparaissait donc particulièrement clairvoyante : les effets pratiques n’ont évidemment jamais disparu, mais le numérique a profondément modifié la façon de concevoir les scènes d’action, les décors et, plus largement, les grands spectacles hollywoodiens.
Le Masque de Zorro, témoin d’une autre façon de faire du cinéma
Plus de vingt-cinq ans après sa sortie, c’est aussi ce qui participe au charme particulier du Masque de Zorro. Le film de Martin Campbell se situe à la frontière entre deux époques : celle des grandes aventures reposant largement sur des cascades et des décors physiques, et celle d’un Hollywood où les possibilités offertes par les images de synthèse allaient devenir pratiquement illimitées.
Voilà pourquoi le film peut aujourd’hui être regardé non seulement comme un grand divertissement populaire de la fin des années 90, mais aussi comme le témoignage d’une manière de tourner les blockbusters devenue beaucoup moins courante. Une époque dont Steven Spielberg avait compris, avant même qu’elle ne s’achève véritablement, qu’elle était en train de tirer sa révérence.
Le Masque de Zorro est disponible en streaming par abonnement via Sony Pictures Core. Pour revoir La Légende de Zorro, direction la VOD.
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