L'oeil de la rédaction. L’édito : Léon XIV, phare bienveillant dans la tempête du monde

Durant quatre jours, les yeux du monde seront tournés en grande partie vers la France, à l'occasion de la visite du pape Léon XIV. Dans un contexte géopolitique tendu, cette venue aura comme vertu d'apaiser provisoirement les tensions.    

Benoît Gaudibert -

Aujourd’hui à 19:48

  • Temps de lecture :

Photo Philippe Gonigam

Photo Philippe Gonigam

Plus fort encore que les retours de Zidane et Céline Dion, la visite du pape Léon XIV en France , attendu ce vendredi dans la capitale avant de se rendre à Lourdes puis à Metz, s’annonce comme un événement grandiose. Réputé discret et sans charisme lors de son élection en mai 2025, le souverain pontife n’a mis que quelques mois à se faire un prénom et gagner le cœur des fidèles. Les 80 000 places pour participer à la veillée des jeunes en sa présence se sont écoulées en un quart d’heure. Un engouement exceptionnel, si l’on songe que notre pays est l’un des plus déchristianisés d’Europe. Mais si les bancs des églises sont clairsemés, on assiste à une augmentation des baptêmes de jeunes adultes, signe d’un regain de foi qu’il est aisé de relier aux tourments de l’époque.

Quand les principaux leaders de la planète, Trump et Poutine en tête, envoient des ondes négatives, Léon XIV rayonne comme un phare bienveillant dans la tempête. Il a imposé sa voix, qui porte au-delà des seuls cercles catholiques. En défendant le multilatéralisme face aux impérialismes, en mettant en garde contre les dangers de l’IA , en se rendant auprès des migrants, en prônant la fin des conflits, il offre un son de cloche différent.

Une venue très attendue

En France, Léon XIV rencontrera des victimes d’abus sexuels commis par des prêtres, qui attendent de lui plus qu’une écoute, une initiative pour amplifier la lutte contre ce fléau rongeant la chrétienté de l’intérieur. Son choix de Metz, ville symbole de réconciliation, pour s’exprimer sur la paix en Europe est un geste fort. Sur la fin de vie, il devrait redire son opposition à la loi récemment adoptée par la « fille aînée de l’Église ». Durant quatre jours, les paroles du pape vont être disséquées dans le monde entier, mais n’enrayeront pas sa marche folle. Le pouvoir des mots a ses limites. S’il est entendu partout, le premier ambassadeur de la paix est loin d’être toujours écouté.