L'oeil de la rédaction. Edito. Violences et pillages : les plaies à vif d’un terrible 17 octobre

Comme un air de ras-le-bol. Et pas forcément du côté des manifestants. Quoique. Ce samedi, ils se sont faits déposéder de leurs arguments au profit de la violence et des pillages en tous genres. Ras-le-bol, du côté des Franais et des élus aussi, qui, sous la bannière de l'Association des maires de France appellent ce lundi à midi, à une minute de silence devant les frontons des mairies de tout le pays. A voir, si la majorité silencieuse se fera entendre : sans pavé, ni cocktail Molotov.

Michel Klekowicki -

Hier à 20:39

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A Nancy comme dans toute la France, ce dimanche matin, les dégâts faisaient mal à voir. Photo Cédric Jacquot

A Nancy comme dans toute la France, ce dimanche matin, les dégâts faisaient mal à voir. Photo Cédric Jacquot

La France s’est réveillée dimanche avec la gueule de bois. Pas celle qui passe avec un ou deux cachets effervescents. Non, ce sont les images des pillages de la veille au soir qui font battre les tempes et irritent les rétines. Et aussi les questions lancinantes qui nous taraudent devant le spectacle d’un pays qui se délite. Il faut bien plus qu’une parole présidentielle inaudible pour calmer cette douleur-là. La migraine nerveuse touche au premier chef ceux qui ont placé leurs espoirs dans la mobilisation. Dimanche matin, le pouvoir d’achat était toujours en berne et le pétrole au plus haut. Les millions d’euros nécessaires aux réparations auraient pu être tellement mieux employés à rénover les lycées. Les black blocs, puis les pillards, ont aussi confisqué le sens profond de cette journée de mobilisation. Au point que certains se demandent s’il y a encore un intérêt à battre le pavé quand il sert de projectile contre les CRS et les vitrines.

Un contrat social en cendres

Derrière cette crainte de ne plus pouvoir protester sans charrier des indésirables dans son sillage se pose aussi la question de la gestion de la crise. Le dispositif était-il à la mesure du risque ? Les troupes déployées étaient-elles en nombre suffisant ? Il ne s’agit pas de disserter sur la théorie du maintien de l’ordre, mais d’interroger la responsabilité du gouvernement. Car l’échec de samedi n’est pas celui des policiers, mais celui de ceux qui les dirigent. Aujourd’hui, la sidération est partout, la confiance en l’avenir s’est rabougrie et l’on ne voit pas poindre de solution. Faut-il compter sur la présidentielle pour résoudre les maux du pays ? Après le fiasco du 17 octobre, en tout cas, la campagne électorale ne peut plus être uniquement la somme de ce qui nous divise. Il faudrait qu’elle soit l’addition de ce qui nous permet de vivre ensemble libres, égaux et fraternels malgré les divergences d’opinions. Mais sans angélisme ni faiblesse aucune face à ceux qui réduisent en cendres notre contrat social.