L'oeil de la rédaction. Edito. Plan de paix pour Gaza : Netanyahou s’arme de fermeté à l’approche d’un scrutin décisif
Israël a « rejeté » la dernière feuille de route américaine censée lancer la deuxième étape du plan de paix à Gaza, a annoncé ce dimanche un Benjamin Netanyahou sans doute largement influencé par la proximité d’élections capitales analyse Alexandre Poplavsky, notre éditorialiste du jour.
Alexandre Poplavsky -
Aujourd’hui à 19:38
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Donald Trump et Benjamin Netanyahou. Photo Sipa /USA
Qui a pu croire que Benjamin Netanyahou accepterait la poursuite du plan de paix américain pour Gaza ? Jamais le Premier ministre israélien ne validera une feuille de route prévoyant, au préalable d’un véritable désarmement du Hamas, le retrait de Tsahal. Alors il a joué la montre, gagné du temps, fait mine d’y souscrire. Il y a quelques jours, le chef du gouvernement hébreu a réitéré ses doutes sur ce projet qu’il a toujours eu du mal à avaler depuis sa présentation en septembre 2025. Le haut représentant du « Conseil de paix » de Donald Trump, Nikolaï Mladenov, s’est alors empressé de venir le rassurer en lui réaffirmant que le retrait de son armée ne s’effectuerait, finalement, qu’après le désarmement total du Hamas. Trop tard.
Une formidable aubaine
Pour Netanyahou, bousculé et contesté par l’extrême droite de sa base électorale, pas question de prêter le flanc. D’abord parce que ce plan est décrié par une grande majorité de la population israélienne et qu’à l’approche des législatives du 27 octobre, il a surtout besoin de muscler son discours face à une opposition plus nuancée, raccord en revanche sur la politique sécuritaire, et qui le devance d’une tête dans les plus récents sondages. Ce scrutin, considéré comme le plus décisif pour l’avenir du pays, ne voit pas, pour l’heure, de majorité se dégager. Pour Netanyahou qui cumule plus de 18 années au poste de chef du gouvernement, cette opposition au plan de paix est donc une formidable aubaine pour remobiliser ses troupes. Car la menace se nomme Gadi Eisenkot. Cet ancien chef des armées de 66 ans surfe sur une image de candidat et d’ancien militaire « intègre ». Un « anti-Bibi » sans langue de bois dont le principal talon d’Achille est le flou qu’il entretient sur la question palestinienne. Netanyahou l’a bien compris.
Pas étonnant qu’il profite de cette séquence pour redire qu’avec lui il n’y aura jamais de solution à deux États et que personne, pas même le Président américain, le fera infléchir.