L'investisseur Michael Burry affirme qu'il serait bénéfique pour l'humanité qu'un krach boursier empêche OpenAI et Anthropic d'entrer en bourse, il doute que l'IA tienne un jour ses promesses de rentabilité

L'investisseur Michael Burry affirme qu'un krach boursier serait salvateur s'il empêchait l'entrée en bourse des laboratoires OpenAI et Anthropic. Selon lui, ces entreprises pourraient saigner des milliards de dollars de capitaux sans grand résultat à la clé. Il estime que ce serait le moindre mal, comparé à la création de Skynet. Il souligne également que le financement massif des projets de centres de données par la dette est intenable face à la hausse des taux d'intérêt. Il a parié contre plusieurs géants du secteur, tels que Nvidia et Palantir. OpenAI a repoussé son introduction en bourse à une date inconnue, mais Anthropic maintient son projet.

Michael James Burry est docteur en médecine et manager de gestion alternative. Il fonde Scion Capital LLC, qu'il dirige de 2000 à 2008, puis il se concentre plus spécifiquement sur ses propres investissements. Il est l'un des premiers investisseurs à spéculer sur l'imminence de la crise des subprimes de 2008. Michael Barry est célèbre pour ses prévisions dans « The Big Short », et est également un critique acerbe de l'industrie actuelle de l'IA.

Sa dernière salve est intervenue alors que le président Donald Trump réunissait des dirigeants du secteur de l’IA à la Maison Blanche pour promouvoir un pacte d’autorégulation volontaire pour l’industrie. Donald Trump s'oppose à une réglementation stricte, considérant que cela ralentirait la technologie.

« Pour le bien de l’humanité, les marchés devraient s’effondrer brutalement et empêcher les introductions en bourse d’OpenAI et d’Anthropic », a-t-il écrit dans un billet sur X (ex-Twitter). « Ce sont des entreprises qui vont engloutir, puis détruire des MILLIARDS de dollars de capital, et ce ne sera là que le moindre des dégâts qu’elles causeront ». Cette prise de parole intervient alors les investissements en IA continuent de monter en flèche.

Des besoins massifs de capitaux et des calendriers incertains

OpenAI et Anthropic ont besoin de capitaux importants pour développer des modèles avancés et mettre en place l’infrastructure informatique nécessaire à leur fonctionnement. Une introduction en bourse leur permettrait notamment d’accéder à des sources de financement plus importantes en s’ouvrant à un plus large éventail d’investisseurs. La course aux capitaux a déjà poussé Sam Altman à transformer OpenAI en une société à but lucratif.

À plusieurs reprises, Michael Burry a mis en doute la capacité des dépenses colossales dans les centres de données et l'infrastructure d'IA à générer des rendements suffisants. Il a affirmé que l'appel des entreprises telles qu'Anthropic et OpenAI à ralentir le développement de la technologie était « intéressés », laissant entendre qu’elles pourraient contribuer à créer un engouement autour des introductions en bourse de ces laboratoires d'IA.

Burry a également répondu « Dans le même ordre d’idées » à un utilisateur qui avait ironisé : « faites s’effondrer le marché pour que Skynet ne puisse pas entrer en bourse », une référence au système d’IA destructeur des films « Terminator ». Quelles que soient les répercussions plus larges qu'il avait en tête, les enjeux financiers autour de ces deux entreprises sont déjà colossaux. Un seul faux pas pourrait provoquer l'éclatement de la bulle de l'IA.

Michael Burry a récemment déclaré dans un article publié sur Substack qu’il était « plus confiant que jamais » quant à la concrétisation de sa thèse baissière sur l’IA au cours de l’année à venir, avançant ainsi son scénario de base initial, qui prévoyait 2028. L’investisseur a ajouté que sa conviction l’avait conduit à renouveler ses paris à la baisse sur toute une série de titres, notamment Nvidia, Palantir, Micron, Oracle, ainsi que l’indice Nasdaq 100.

Sam Altman a suspendu l'introduction en bourse de sa société

Sam Altman, PDG d'OpenAI, a annoncé la suspension de tout projet d’introduction en bourse. Cette pause durera jusqu’à ce que la société parvienne à maîtriser les cas où les modèles agissent de manière inappropriée. Selon un rapport de The Verge, Sam Altman a fait part de cette décision aux journalistes lors d’une séance de questions-réponses qui a suivi son discours d’ouverture à la conférence DevDay d'OpenAI, destiné aux développeurs.

« Nous avons l’intention de poursuivre les progrès en matière d’IA […], mais comme les modèles ont fait un bond en avant remarquable en matière de capacités, et que nous prévoyons d’autres évolutions de ce type à l’avenir, nous devons être en mesure de garantir leur sécurité en toute confiance », a-t-il déclaré.

Alors qu'une introduction en bourse n'était précédemment pas envisagée avant au moins 2027, la société décide désormais de faire passer en priorité les questions de la sécurité et du contrôle strict de sa technologie. Du moins, en apparence. D'après le rapport, il a poursuivi son intervention en déclarant de manière grandiloquente que le fait qu’OpenAI attende trop longtemps avant son introduction en bourse serait « néfaste pour le monde ».

Cette sortie est intervenue moins de 24 heures après qu'OpenAI a annulé la sortie de GPT-6.1 Astra, en raison d'un niveau élevé de désalignement. « Nous allons donner la priorité à la mission et à la sécurité, et veiller à pouvoir passer en toute confiance à la prochaine étape de l’IA sans que les gens se demandent quelle est la probabilité que nous commettions ces actions néfastes dans le monde », a ajouté le PDG, selon le Financial Times.

Le rival Anthropic maintient son projet d'introduction en bourse

Selon des documents consultés par Reuters, le principal concurrent d'OpenAI, Anthropic, se prépare à une introduction en bourse avec une valorisation potentielle de plus de 2 000 milliards de dollars. Mais les données financières indiquent que l'entreprise de Dario Amodei enregistrera une perte de 42 milliards de dollars pour l'exercice 2025 et dépensera plus 518 milliards de dollars en obligations liées au cloud, au calcul et à l’infrastructure.

Dans des rapports récents, des analystes des cabinets d'étude et de conseil en stratégie Bain & Company et Apollo ont fait valoir que les prévisions du secteur étaient bien trop optimistes ; il se peut donc que Sam Altman prenne le temps de se réorganiser pour préparer son propre argumentaire.

Il est également possible que le PDG d'OpenAI ait d’autres préoccupations que la sécurité, comme la responsabilité pénale ou civile. Une mauvaise surprise en matière de responsabilité pourrait certainement avoir un impact sur une introduction en bourse. OpenAI fait actuellement face à des poursuites judiciaires intentées par des groupes de défense, notamment en concernant l'usage loyal, menaçant la stabilité des acteurs majeurs du secteur.

L'organisation Legal Advocates for Safe Science & Technology (LASST) a engagé des poursuites contre l'entreprise devant un tribunal d'État en Californie pour l'obliger à adopter des mesures de précaution renforcées lors du développement de ses modèles. Sa représentante Vivian Dong a rappelé qu'il est illégal de pirater un système tiers et souligne : « je soupçonne qu'OpenAI est très consciente des risques juridiques de ce que font ses agents ».

Un impératif de 6 000 milliards de dollars pour soutenir la bulle

Brain & Company estime que l'industrie mondiale de l'IA devra générer environ 6 000 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2031 pour justifier les investissements massifs dans les centres de données et l'infrastructure informatique. Mais les applications actuelles et la productivité des employés ne combleront qu'une fraction de ce montant. Le cabinet indique que la majorité de cet argent devra provenir de nouvelles avancées technologiques.

Dans un rapport publié le mois dernier, l'économiste Torsten Slok a souligné un déséquilibre financier au sein de l'industrie de l'IA. Actuellement, les profits des fabricants de puces sont financés par les capitaux des investisseurs plutôt que par des revenus réels. Les développeurs d'applications d'IA affichent des marges opérationnelles négatives, créant de ce fait un modèle économique très fragile qui repose sur « l'espoir d'une rentabilité future ».

Si les clients finaux ne génèrent pas rapidement un retour sur investissement concret, le financement massif pourrait se tarir brutalement, provoquant l'éclatement de la bulle de l'IA. Certaines entreprises font déjà face à des flux de trésorerie disponible négatifs, notamment OpenAI et Anthropic. De son côté, Oracle est dos au mur après avoir accumulé plus de 150 milliards de dollars de dettes adossées à l'IA, et multiplie les licenciements massifs.

Source : Michael Barry

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