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  • 2026-08-03 16:44:16 +0000 UTC

    Aug 03, 2026

    L'impossible futur dialogue intercongolais

    Le président angolais João Lourenço s'est officiellement vu confier le mandat de "consulter les parties congolaises en vue de préparer un dialogue intercongolais". Une mission qui lui a été donnée le 9 février 2026 par l'Union africaine (UA) et par le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi.

    Un mois plus tard, Luanda faisait parvenir une feuille de route à Kinshasa. Objectif : baliser en une quinzaine de points les grandes lignes de ce dialogue intercongolais, qui doit travailler à "la réconciliation et la restauration de la paix à travers une concertation nationale inclusive, visant l'unité du pays et le renforcement de l'Autorité de l'État". Elle mettait l'accent sur le retour de la paix et l'installation du vivre-ensemble – expression chère aux Églises catholique et protestante qui avaient déjà présenté leur vision du dialogue en insistant sur le fait que leur démarche n'était pas en concurrence avec celle des Angolais.

    Les principes du dialogue à l'angolaise

    L'inclusivité est le premier point mis en exergue par le texte angolais. Il prévoit une "participation représentative de toutes les forces vives de la nation, sans exclusion d'aucune force politique ou sociale significative".

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    Pour les autorités angolaises, ce dialogue doit avoir lieu à Luanda, il doit assurer la sécurité de tous les participants et se tenir dans le strict respect de l'actuelle Constitution.

    "Les éventuelles recommandations ou réformes à suggérer doivent s'inscrire dans le cadre de la Constitution et des institutions qu'elle a établies", insiste la mouture angolaise, qui ajoute : "La Constitution ainsi que, notamment et surtout, ses dispositions intangibles, ne peuvent faire l'objet d'un quelconque débat pendant le Dialogue intercongolais".

    La réponse des autorités congolaises

    Si Luanda a démontré son envie d'avancer sur ce dialogue par la célérité de son projet, la réponse congolaise s'est fait attendre. Une attitude qui a braqué le président Lourenço qui n'a pas oublié l'affront que lui a fait Félix Tshisekedi le 19 mars 2025. Ce jour-là, alors qu'il était attendu à Luanda pour le début d'un dialogue avec l'AFC/M23, le président congolais était apparu à Doha, au Qatar, en compagnie du président Kagame. Une douche froide pour le président angolais qui n'avait pas été mis au courant de cette rencontre.

    Après deux mois d'attente, Félix Tshisekedi a finalement réagi au texte angolais avec une contre-proposition qui n'a que peu de points communs avec le texte originel. Le dialogue de Luanda devient "Les états généraux de la refondation pour le salut de la patrie". Pour Félix Tshisekedi, cette rencontre doit se tenir en RDC et sera "encadrée par les institutions issues du suffrage universel". Le nombre de participants passe de 90 à Luanda à 500 et son inclusivité se passera de l'ancien président Joseph Kabila et des groupes armés actifs, dont l'AFC-M23.

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    La retouche de la Constitution n'est pas un tabou. Elle est clairement évoquée dans le texte congolais.

    Tshisekedi homme-orchestre

    C'est Antonio Tete, le ministre angolais des Affaires étrangères, qui a été chargé d'apporter la réponse de Luanda à Kinshasa. L'enthousiasme n'était pas de mise. Luanda a souligné l'écart entre les deux versions et mis en avant deux réserves fondamentales : "l'exclusion d'acteurs essentiels" et "l'hypothèse d'une réforme de la Constitution dans une période marquée par une forte tension".

    En cherchant à s'imposer comme moteur de ce dialogue, Félix Tshisekedi entame toute la crédibilité et le sens de ce dialogue dont il prévoit d'être le financier ("avec le cas échéant des partenaires techniques et financiers publics ou privés nationaux ou internationaux"), le grand ordonnateur des cartons d'invitation et le récipiendaire exclusif des travaux chargé "du suivi et de la mise en œuvre des conclusions et recommandations".

    Dialogue et épreuve de force

    Félix Tshisekedi est parvenu à immobiliser son opposition politique tout au long du mois de juillet en ouvrant la voie à un dialogue intercongolais sans en préciser les contours. Les présidents du Burundi et du Congo-Brazzaville ont joué les démineurs, l'Église catholique a aussi versé son obole à cette démarche

    Sous le feu des promesses floues du pouvoir, ils ont éteint – provisoirement ? – une mobilisation populaire qui appelle moins à un dialogue qu'au respect de la Constitution. En éreintant les deux, Félix Tshisekedi prend le risque de rallumer le feu de la contestation sans plus aucune monnaie de change.

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