L’icône féministe Gloria Steinem est morte à 92 ans

La journaliste, figure majeure du féminisme aux États-Unis, s’est éteinte mercredi 2 septembre.

Gloria Steinem à la télévision américaine, en 2013.

FREDERICK M. BROWN / Getty Images via AFP

Gloria Steinem à la télévision américaine, en 2013.

La journaliste et essayiste américaine Gloria Steinem, figure majeure du féminisme, est décédée à 92 ans mercredi 2 septembre, a annoncé sa fondation, ce jeudi, sur son compte Instagram.

« Gloria Steinem s’en est allée paisiblement à son domicile de New York, entourée de proches », a indiqué la Fondation Gloria, sans préciser la cause du décès mais en saluant « près de cent années (...) bien vécues » et consacrées « à œuvrer pour l’égalité jusqu’à la toute fin ».

« Le plus grand don de Gloria était sa capacité à écouter les autres, à leur donner le sentiment d’être vus et entendus. Ses paroles, ses gestes et son exemple permettaient aux gens d’être pleinement eux-mêmes. Gloria a toujours vécu en accord avec son esprit indépendant, animée par sa curiosité et un grand sens de l’humour », a poursuivi la fondation.

Avant de devenir l’une des têtes de proue du mouvement féministe, Gloria Steinem avait fait ses armes dans le journalisme à l’aube des années 1960, une époque où nombre d’Américaines devaient encore obtenir l’autorisation de leur mari pour ouvrir un compte bancaire.

Fondatrice du Ms. Magazine

Mais c’est en couvrant une réunion où des femmes qui ont avorté prennent la parole qu’elle disait avoir eu un déclic féministe, en 1969. « C’est à cet instant précis que je me suis dit que l’ordre des choses n’était pas immuable. Que toutes ensemble, nous pouvions le changer », racontait-elle au Monde au mars 2020.

Au fil des voyages, Gloria Steinem était devenue l’un des visages incontournables du mouvement féministe. Elle avait fondé dans les années 1970 Ms. Magazine - pour « témoigner de ce que vivaient les femmes » - puis le National Women’s Political Caucus et organisé la première conférence nationale des femmes à Houston.

Elle continuait d’organiser, ces dernières années, selon la fondation, ses « talking circles », une pratique d’échange et d’écoute centrale dans les mouvements sociaux. « Je ne serais pas arrivée là si d’autres femmes ne m’avaient ouvert la voie et montré que l’horizon des possibles était plus large et plus dégagé que je ne le pensais (...). Nous sommes toutes construites par d’autres femmes », mettait-elle en avant auprès du Monde.

Née dans l’Ohio le 25 mars 1934, Gloria Steinem avait grandi en suivant le mode de vie nomade de son père, vendeur d’antiquités ambulant, jusqu’au divorce de ses parents quand elle avait 10 ans. Après la séparation, elle s’était occupée de sa mère, sujette à la dépression.

Après la publication d’Une révolution intérieure (1992) et Ma vie sur la route (2015), la militante s’était consacrée à l’écriture d’An Unexpected Life. L’ouvrage autobiographique doit paraître à la fin du mois.