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  • 2026-07-31 19:11:34 +0000 UTC

    Jul 31, 2026

    L'Espagne submergée par une vague migratoire inédite : "J'ai vu deux jeunes hommes mourir sous mes yeux"

    Près de 60.000 migrants ont franchi en quelques jours la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta, provoquant une crise migratoire d'une ampleur exceptionnelle. Si la situation évolue encore, une partie des personnes arrivées est déjà repartie : vendredi, le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé que plus de 37.500 migrants avaient regagné le Maroc.

    Le bilan humain, lui, continue de s'alourdir. Selon le quotidien espagnol El País, au moins 57 personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, la plupart en essayant de contourner à la nage le poste-frontière d'El Tarajal.

    En déplacement à Ceuta, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié cet épisode d'"attaque" et de "violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne".

    Selon lui, cette arrivée massive aurait été favorisée par une interprétation erronée d'une récente décision de la Cour suprême espagnole.

    Début juillet, la justice a jugé que les migrants arrivés en Espagne par la mer ne pouvaient pas être immédiatement renvoyés. D'après le chef du gouvernement, cette décision aurait été exploitée par des réseaux de passeurs pour faire croire qu'une entrée en Espagne permettait désormais d'y rester.

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    Une rumeur virale à l'origine de l'afflux ?

    Une autre explication prend toutefois de l'ampleur. Selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP et des informations d'El País, une fausse information s'est propagée sur les réseaux sociaux, affirmant que la frontière entre le Maroc et Ceuta était ouverte.

    Abdelhakim raconte avoir parcouru "14 km à pied à travers les montagnes" pour rejoindre la frontière, persuadé qu'elle était ouverte. "On nous a dit de passer par la mer. Je me suis retrouvé submergé et j'ai vu deux jeunes hommes mourir sous mes yeux", témoigne-t-il auprès de Reuters, avant de renoncer en pensant à ses deux enfants.

    Des milliers de personnes auraient alors convergé vers la ville marocaine de Fnideq, dans l'espoir de rejoindre facilement l'Europe.

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    Cette hypothèse n'est toutefois pas officiellement confirmée.

    El País évoque également une passivité des forces de l'ordre marocaines durant les premières heures de l'afflux, tandis que Rabat n'a, à ce stade, pas commenté la situation.

    Cette nouvelle crise intervient dans un contexte diplomatique sensible. Le 20 juillet, Pedro Sánchez s'était rendu en Algérie, pays rival du Maroc.

    Plusieurs crises migratoires similaires ont déjà opposé Madrid et Rabat ces dernières années, parfois sur fond de tensions politiques, même si aucun lien direct n'est établi dans ce nouvel épisode.

    Face à la situation, plusieurs dirigeants européens ont rapidement réagi.

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    La crise qui ravive les tensions en Europe

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé les images de Ceuta "inacceptables". Elle a appelé à mettre fin aux traversées dangereuses, à lutter contre les réseaux de passeurs et à accélérer les expulsions prévues par les règles européennes.

    La France a également affiché son soutien. Emmanuel Macron a demandé un renforcement des contrôles à la frontière franco-espagnole et s'est dit prêt à aider Madrid, notamment via l'agence européenne Frontex.

    Malgré l'ampleur de l'afflux vers Ceuta, Bruxelles assure ne pas constater de mouvement massif de migrants vers le continent européen. "Il n'y a pas aujourd'hui de mouvements vers le continent européen", a indiqué vendredi un haut responsable européen, précisant que la situation restait suivie de près.

    À l'inverse, l'Italie a temporairement fermé l'espace Schengen à l'Espagne. envisage une suspension de l'Espagne de l'espace Schengen a annoncé vendredi le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, qualifiant cette mesure d'"inévitable".

    Une position que pourrait rejoindre le Danemark et la Finlande.

    Madrid a convoqué l'ambassadeur italien pour protester contre cette proposition.

    Face aux critiques venues de plusieurs pays européens, Pedro Sánchez a appelé vendredi l'Union européenne à rester unie. "Ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie", a écrit le Premier ministre espagnol sur X.

    La crise a également trouvé un écho aux États-Unis. Donald Trump a estimé que les images de Ceuta constituaient un avertissement de ce qui pourrait arriver aux États-Unis en cas de retour des démocrates au pouvoir, inscrivant cet épisode dans le débat politique américain.

    Le vice-président américain JD Vance a martelé le même message. "Ces images en provenance d'Espagne sont un rappel malheureux des conséquences des migrations de masse et des politiques mondialistes de la gauche radicale qui ont permis l'invasion de l'Occident", a-t-il écrit sur X.

    Si la majorité des migrants ont déjà quitté Ceuta, les circonstances précises ayant déclenché cet afflux massif restent, pour l'heure, encore à éclaircir.

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