L’Église de France et la Miviludes signent une convention de lutte contre les dérives sectaires

Après les protestants et les congrégations, l’Église de France a signé à son tour mardi 6 octobre avec la Miviludes une convention pour lutter contre les dérives sectaires fondée sur l’échange d’informations, la sensibilisation et la formation.

« Avec la signature de cette convention, nous franchissons une étape décisive pour structurer, pérenniser et intensifier notre démarche commune », a affirmé Patricia Mirallès, la présidente de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), lors de la signature de la convention.

Dans son dernier rapport, la Miviludes a constaté que « 35 % des signalements et demandes d’informations traités entre 2022 et 2024 concernaient les domaines des cultes et de la spiritualité », a-t-elle rappelé. Le texte signé avec la Conférence des évêques de France (CEF) repose sur quatre piliers : échange d’informations, analyse des facteurs de risque, opérations de sensibilisation, et renforcement de la formation.

De son côté le président de la CEF Jean-Marc Aveline a souligné que cette convention s’inscrivait dans l’engagement de l’épiscopat « de prévention et de lutte contre toutes les situations d’emprise, les agressions sexuelles, mais aussi physiques, spirituelles, psychologiques… »

La CEF, troisième instance à signer

« Nous avons essayé, bien sûr, de faire tout ce que nous pouvons », a-t-il expliqué, rappelant les initiatives -- tribunal pénal canonique, instances de réparation… – lancées depuis la publication du rapport Sauvé en 2021 sur l’ampleur de la pédocriminalité dans l’Église.

« Pourquoi ? Et pas seulement pourquoi, mais comment va-t-on changer dans la façon même dont nous concevons la vie de l’Église, sa gouvernance, pour que ce genre de choses aient le moins de chances de se reproduire ? » a-t-il lancé.

La CEF est la troisième instance à signer une convention de ce genre, après la Fédération protestante de France (FPF) en novembre 2025 et la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) en juillet dernier.

La CEF s’est saisie du sujet depuis quelques années déjà et a créé un service d’accueil « conseil et conciliation/emprise et dérives sectaires » (CCED) pour recevoir les signalements et apporter aide et conseil.

Entre septembre 2024 et août 2025, le CCED a réceptionné « 171 situations dont 107 considérées comme closes », selon son rapport d’activité. De son côté, la Miviludes notait dans son dernier rapport d’activité (2022-2024) le « partenariat privilégié » développé avec l’Église de France, en indiquant que « les liens entre l’accueil CCED et la Miviludes se sont intensifiés ».