Budget 2027 : un dernier exercice sous contrainte pour l'exécutif
Présentation du projet de budget 2027, le dernier du double quinquennat d'Emmanuel Macron, marqué par une forte hausse du déficit et de la dette publique.
Publié le jeudi 1 octobre 2026 à 07:45
Le double quinquennat d'Emmanuel Macron s'achève sur un bilan jugé désastreux en matière de finances publiques, malgré des chocs externes invoqués. Le projet de budget 2027 illustre cette dérive avec un déficit public projeté à 5 % du PIB et une dette atteignant 122 %, bien loin des objectifs de maîtrise initiale. Dominique Seux (journaliste) : « Le déficit, l'année 2018, la première qu'il a intégralement pilotée, s’était terminée avec un déficit public d’environ 2 % du produit intérieur brut ; le projet de budget pour 2027 le prévoit à 5 %. La dette, en dessous de 100 % du PIB en 2018, ce chiffre sera de 122 % l’an prochain. » Dominique Seux (journaliste) : « L’imposition des bénéfices des comptes d’entreprises, 33 % il y a dix ans, elle sera de 25 % en 2027, alors qu'elle était le porte-drapeau de la politique dite de l’offre, favorable aux entreprises. »
Un budget 2027 contraint par un étau politico-financier
Ce dernier budget de la décennie apparaît comme empêché en raison de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, de la perspective présidentielle et du retour de l'inflation. Les mesures présentées, telles que le gel des pensions ou les prévisions fiscales, relèvent davantage de déclarations d'intention vouées à évoluer lors des débats parlementaires. Dominique Seux (journaliste) : « Donc ce budget 2027, il va rester comme un budget empêché. » Dominique Seux (journaliste) : « Oui, contraint par un étau politico-financier : l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, la perspective de la présidentielle et le retour d'une inflation à 3 %, sans oublier les taux d'intérêt dont on parlait hier avec une véritable inquiétude ; le Trésor doit lever, ce matin, 12 milliards d'euros. »
L'incapacité à réformer et rationaliser l'État
Face aux difficultés budgétaires, le gouvernement applique des coupes aveugles sur les crédits ministériels tout en échouant à réaliser des économies structurelles sur l'appareil étatique. Les administrations continuent de résister aux logiques de rationalisation, comme en témoignent le refus d'appliquer les lois sur le parc immobilier ou le maintien d'agences aux compétences doublonnées. Dominique Seux (journaliste) : « Ce qui frappe, c'est que le gouvernement manie lourdement la raboteuse, y compris sur les crédits ministériels, mais qu'il n'a pas pu ou voulu faire des économies visibles sur l'État lui-même, en supprimant ceci ou cela, en fusionnant ceci ou cela, ou en réorganisant ceci ou cela. » Dominique Seux (journaliste) : « Pour l'anecdote, le ministère de l'Intérieur a décidé de ne pas appliquer une loi de juillet dernier qui prévoit de rationaliser le parc immobilier de l'État pour que les ministères s'occupent mieux de leurs locaux. »
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France Inter
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