L’Allemagne condamne un Ukrainien ayant aidé Moscou à planifier des sabotages à un an de prison
La justice allemande a condamné, mardi 18 août, un Ukrainien à un an et trois mois de prison pour avoir servi d'agent aux services secrets russes. Ses deux coaccusés ont été acquittés, les trois étant soupçonnés d'avoir aidé Moscou à planifier des sabotages en Allemagne et en Ukraine.
Publié le : 18/08/2026 - 13:15
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On les appelle des « agents jetables ». Ce sont des amateurs recrutés par des services secrets étrangers et qui sont régulièrement appréhendés en Allemagne pour des opérations d'espionnage ou de sabotage, raconte le correspondant de RFI à Berlin, Pascal Thibaut. La Russie est le plus souvent soupçonnée d'être derrière ces opérations.
Dans cette affaire, deux paquets contenant des pièces détachées automobiles avaient été envoyés en mars 2025 de Cologne, en Allemagne, vers l’Ukraine grâce à l’entreprise logistique de ce pays, Nova Post. Ils contenaient également des traceurs GPS qui devaient permettre de collecter des informations sur le trajet. Cela pour, dans un deuxième temps, permettre à des colis piégés d'être envoyés : leur explosion devait causer des dégâts importants.
Ironie de l’histoire, ce sont trois Ukrainiens qui sont accusés de ces agissements. Le parquet avait requis contre eux des peines allant de deux ans et neuf mois à plus de quatre de prison.
L’Allemagne a renforcé, au début de l’année, son arsenal pénal contre ces « agents jetables ». Ces hommes sont souvent recrutés sur les réseaux sociaux et se livrent pour une modique somme à des actes d’espionnage ou de sabotage. Peu importe, s’ils sont arrêtés, il sera difficile pour la justice de prouver qui est le commanditaire, même si dans ce procès comme dans d’autres Moscou est accusé. Ces hommes savent d'ailleurs peu de choses sur les services secrets russes.
Leurs avocats réclamaient l’acquittement de leurs clients.
Peine intégralement purgée
Le condamné, Yevhen Bezchasnyi, est en outre déjà libre, car sa peine a été intégralement purgée en détention provisoire et lors de son extradition depuis la Suisse, note le communiqué.
Pour les deux autres, le tribunal régional de Stuttgart a estimé qu'il n'avait pas pu être établi « que les accusés s'étaient entendus pour commettre un grave incendie volontaire ». Ni l'examen des messages envoyés entre eux et avec des tiers, les perquisitions de leurs domiciles et l'audition de témoins et de proches n'ont permis de confirmer les accusations.
Le condamné de 30 ans avait, en revanche, « une connaissance plus étendue des faits » et s'était davantage impliqué dans l'affaire. Sur ordre d'un ami de Marioupol, ville ukrainienne occupée depuis les premiers mois de l'invasion russe, il avait préparé l'envoi des traceurs GPS vers l'Ukraine. C'est aussi lui qui a associé les deux autres accusés à la combine.
Pour justifier la courte durée de sa peine, la chambre relève son absence de condamnation antérieure, ses aveux partiels et le fait que l'opération était encore « très en amont d'éventuelles activités de sabotage ».
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