Les États-Unis font un pas très attendu vers la France pour régler la brouille diplomatique de cet été
Après des semaines de brouille diplomatique, Aurélien Lechevallier, nouvel ambassadeur de France à Washington, devrait pouvoir prendre ses fonctions.
Par Sarah Coulet avec AFP
Les excuses ont été entendues. Aurélien Lechevallier, nouvel ambassadeur de France à Washington, va pouvoir prendre ses fonctions après avoir obtenu, ce mardi 15 septembre, son agrément des autorités américaines, a affirmé un responsable du département d’État, mettant fin à plusieurs semaines de blocage.
La prise de poste du diplomate aux États-Unis était entravée depuis fin juillet en raison d’une brouille diplomatique entre les deux pays. Son arrivée à Washington est désormais attendue dans les prochaines semaines. En attendant, l’intérim est assurée par Laurent Bili, l’ambassadeur sur le départ à Washington.
Le différend avait commencé le 24 juillet lorsque la mission de la France auprès des Nations Unies à Genève a posté un message sur X affirmant que « les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n’est plus le cas ».
Trois jours plus tard, le 27 juillet, Washington avait rapidement quitté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer les commentaires « hypocrites » de la France, puis bloqué la procédure d’agrément d’Aurélien Lechevallier, actuel chef de cabinet du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
La réponse des États-Unis et le mea culpa de la France
« Un membre de ce Conseil joue l’indignation morale et prétend donner des leçons à tout le monde sur tous les sujets, [...] ou des questions non liées à la paix et la sécurité, comme les droits humains. C’est pour cela que nous sommes sortis lors de l’intervention de la France », avait justifié Dan Negrea, ambassadeur américain adjoint.
« Les États-Unis sont très déçus par les propos irresponsables et irrespectueux tenus par les Français », s’était aussi indigné un responsable du Département d’État, comme le rapportait Reuters fin juillet. « Nous répondons de manière appropriée à leurs commentaires. »
Après des discussions pour régler ce différend, la Mission permanente de la France auprès des Nations unies à Genève a publié vendredi 11 septembre un communiqué, en anglais seulement, soulignant que la divergence entre les deux pays « portait sur un seul vote et ne concernait pas la défense des droits humains. » Un responsable du département d’État avait alors dit « apprécier » le geste, ouvrant la voie à l’obtention de l’agrément.
Pour exercer ses fonctions, un ambassadeur nommé par son pays doit recevoir un agrément du pays hôte, d’habitude une simple formalité s’agissant d’un ambassadeur de France aux États-Unis, pays alliés.