L'afflux de migrants à Ceuta s'est transformé en crise diplomatique intra-européenne
Les migrants arrivés par dizaines de milliers à Ceuta en cette fin de semaine ont largement repris le chemin du Maroc selon les autorités espagnoles, ce qui dessine une issue à la partie la plus urgente de la crise migratoire. Il reste qu’elle s’est largement transformée en crise diplomatique intra-européenne avec un certain retard à l’allumage des dirigeants des institutions de l’UE.
Publié le : 31/07/2026 - 21:08Modifié le : 31/07/2026 - 21:25
3 min Temps de lecture
Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet
Ce sont des motivations ouvertement électoralistes de gouvernements de droite qui ont poussé en tout premier Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, à demander la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères a eu beau dénoncer des propos « démagogiques », l’Italie a été suivie par la Finlande, par la Première ministre danoise et par le Premier ministre tchèque. Ce dernier a même accusé son homologue espagnol Pedro Sanchez d’avoir volontairement laissé entrer les migrants afin d’être réélu : « L'histoire se répète. En 2015, Angela Merkel a invité les migrants en situation irrégulière à venir en Allemagne pour des raisons politiques, afin de battre les libéraux et les Verts. (...) Le gouvernement espagnol fait aujourd'hui exactement la même chose » a dit Andrej Babis, selon une déclaration transmise à l'AFP.
À lire aussiEspagne-Maroc: après l'afflux massif de migrants à Ceuta «l'appel de Meloni» relève du «fantasme migratoire»
Sortie de son silence, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, juge « inacceptables » les images en provenance de Ceuta ; mais la Commission souligne que la suspension de l’Espagne n’est pas possible sans violation du code Schengen, le rétablissement des contrôles aux frontières est la seule mesure d’urgence prévue.
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, veut laisser l’Espagne défendre elle-même sa souveraineté. Et pour l’Union, la priorité est de mener des discussions politiques avec les autorités marocaines.
« J’exprime ma solidarité avec l’Espagne face à la situation actuelle de migration irrégulière à Ceuta. Bien que les ressortissants de pays tiers présents à Ceuta ne bénéficient pas de la libre circulation vers l’Espagne continentale ni vers le reste de l’espace Schengen, la réponse ferme de l’Espagne, notamment l’accélération des retours, témoigne de notre détermination à protéger nos frontières extérieures, à lutter contre l’immigration clandestine et à démanteler les réseaux criminels de passeurs. Je salue l’étroite coopération de l’Espagne avec le Maroc pour relever ce défi commun et assurer des retours rapides. Nous resterons en contact étroit avec les autorités espagnoles dans les prochains jours », a écrit sur X Antonio Costa.
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
L'intégrité de l'espace Schengen de libre circulation « est absolument garantie », la plupart des migrants entrés illégalement dans l'enclave espagnole de Ceuta étant retournés au Maroc, a affirmé vendredi le ministre espagnol des Affaires étrangères, Jose Manuel Albares. « Il n'est pas possible de se déplacer depuis Ceuta et Melilla jusque dans la péninsule (espagnole) sans s'identifier à un poste de contrôle de la police », a-t-il ajouté sur X.
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
À lire aussiDIRECT - Ceuta: plus de 60 000 migrants entrent dans l'enclave, dont plus de 48 000 sont déjà retournés au Maroc