L'accord migratoire entre Jordan Bardella et Reform UK "est un accord courageux" selon le député RN Jean-Philippe Tanguy

Pour le deuxième numéro de Franc-jeu, le nouveau rendez-vous politique de France 2 et France Inter présenté par Benjamin Duhamel, Jean-Philippe Tanguy défend le protocole d'accord sur l'immigration signé entre Jordan Bardella et le leader de l'extrême droite britannique, Nigel Farage.

Le patron du RN Jordan Bardella a symboliquement signé vendredi un protocole d'accord en Angleterre avec son allié anti-européen Nigel Farage, prévoyant un renvoi de migrants des eaux britanniques vers la France, mesure aussitôt critiquée par ses adversaires, de Jean-Luc Mélenchon à Edouard Philippe.

Ceux qui "nous tombe dessus, en particulier les macronistes mais aussi Retailleau, n'ont pas lutté contre l'immigration clandestine", estime Jean-Philippe Tanguy, invité de l'émission Franc-jeu ce dimanche. Le député RN du Pas-de-Calais défend cette démarche : "c'est un accord qui va lutter contre la submersion migratoire en Europe, donc il faut des règles claires. Les deux pays expulseront systématiquement tous les clandestins qui n'ont pas la place dans notre pays".

"Il faut renvoyer les bateaux" qui partent des côtes africaines vers le pays d'origine, selon lui. "On ne peut pas réclamer l'application d'une règle pour les pays africains et méditerranéens, et ne pas l'appliquer en France". Il ajoute que "dans un gouvernement de Jordan Bardella présidé par Marine le Pen, les clandestins seront expulsés" ajoute le député.

"Nous continuerons le soutien à l'Ukraine, mais sans automaticité"

"Je ne pense pas que l'Allemagne laisse un parti dangereux prospérer", estime également Jean-Philippe Tanguy, alors que l'extrême droite est en passe de remporter dimanche les élections en Saxe-Anhalt. L'AfD, avec laquelle le Rassemblement National a rompu suite aux propos de la tête de liste du parti d’extrême droite allemand, Maximilian Krah, qui a affirmé qu’un "SS n’était pas automatiquement un criminel".

L'hypothèse de voir la France "couper le robinet" de l'aide à l'Ukraine en cas d'arrivée du RN au pouvoir a été avancée par le vice-président Louis Aliot, jeudi soir. Si Marine le Pen est élue, "Nous continuerons le soutien humanitaire et en armes à l'Ukraine, mais sans automaticité", indique Jean-Philippe Tanguy, qui estime qu'il n'y a pas "de contrôle démocratique" du peuple français sur ces aides.

Des tensions entre Marine le Pen et Jordan Bardella

"C'est elle ou moi" : voilà ce que Jordan Bardella aurait déclaré à Marine le Pen au sujet de la venue de Marion Maréchal à un évènement du RN. Le principal intéressé dément, mais le quotidien maintient ces propos. "Tout va bien" assure pourtant Jean-Philippe Tanguy, "c'est Jordan Bardella qui a signé l'accord législatif avec Marion Maréchal il y a deux ans, elle a été un soutien déterminant" pendant le procès de Marine le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires du RN, qualifiant de "honteuse" la Une de Libération.

Réforme des retraites, interdiction du voile dans l'espace public : les sujets de désaccord se multiplient entre Jordan Bardella et la candidate à la présidentielle. "Tout le monde envie le fait que ce tandem fonctionne parfaitement. Ils apportent tous les deux quelque chose de différent, sinon ce tandem ne servirait à rien".