Kœnigsmacker. Pollution dans la Canner : Anhydrite Lorraine signe une convention judiciaire avec le procureur

Le 25 février 2023, lors d’une surveillance du bassin-versant de la Canner, les agents de l’OFB (Office français de la biodiversité) repèrent d’importants dépôts de matières fines grisâtres à blanchâtres. Ces rejets colmatent le Breissmersbach, en contrebas de la plateforme d’Anhydrite Lorraine, à Koenigsmacker. La DREAL vient alors inspecter les eaux, et l’enquête, menée avec le concours de l’OFB, met en évidence « une pollution industrielle grave et durable, engendrant non seulement une mortalité piscicole mais également un dommage écologique persistant sur le site, par présence d’anhydrite. »

Dans la foulée, la société d’extraction de ce matériau naturel est mise en cause pour « rejet en eau douce ou pisciculture, par une personne morale, de substances nuisibles au poisson ou à sa valeur alimentaire ». L’entreprise reconnaît avoir « commis des négligences ayant provoqué des déversements polluants », selon le parquet. Son directeur, Simon Moitry, nuance toutefois : « Ce rejet n’a rien de chimique. Des blocs d’anhydrite, qui est un matériau naturel, ont sûrement roulé depuis le stock dans la carrière, et sont tombés dans le ruisseau. »

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Nettoyage et compensation du préjudice écologique

Pourtant, l’enquête le souligne : l‘événement a eu un impact létal sur la vie aquatique (algues, mousses, invertébrés, pontes d’amphibiens). Mais pour la direction, « le ruisseau était déjà composé à 90 % des eaux de la mine, bien avant cet épisode. Ces remontées se sont faites à travers des infiltrations, sur l’aval de la préfecture. »

Trois ans plus tard, début septembre 2026, le parquet de Metz et Anhydrite Lorraine concluent donc une convention judiciaire d’intérêt public en matière environnementale (« CJIPe »). Dans un communiqué, David Touvet, procureur de la République de Metz, explique que cette procédure lui permet de « proposer à une personne morale mise en cause pour avoir commis des délits prévus par le code de l’environnement, et qui reconnaît sa responsabilité, de conclure une convention par laquelle elle s’engage à respecter plusieurs obligations. »

Au programme : un protocole complet de nettoyage du site, la compensation du préjudice écologique par la renaturation du cours d’eau (dans le respect de la loi sur l’eau) et le versement de 10 000 € au titre du préjudice moral à Lorraine Nature Environnement ainsi qu‘à la Fédération de pêche de Moselle.

De la pédagogie…

Le nettoyage du ruisseau, lui, devra attendre septembre 2027 et la période des basses eaux. D’ici là, l’entreprise entend poursuivre ses « démarches d’aides » auprès des riverains et des mairies, « qui avaient commencé bien avant la convention », précise Simon Moitry. Et pour percer le mystère qui plane au-dessus de ses souterrains, Anhydrite Lorraine ouvrira ses portes au grand public ce week-end, dans le cadre des Journées du patrimoine économique. Un peu de pédagogie, ça ne fera pas de mal.