Jusqu’à 1200 € par mois d’aides et de prêt : comment la Suède soutient ses étudiants depuis plus de 100 ans
Plus de 100 ans. C’est le temps qui s’est écoulé depuis les premières aides aux étudiants en Suède, en 1919. Cinquante ans plus tard, en 1964, la Central Studiestödsnämnden (CSN), l’organisme chargé d’octroyer les aides, voyait le jour. Et peu après, le système qui est encore en vigueur aujourd’hui et a connu plusieurs réformes : la combinaison d’allocations non remboursables et d’un prêt étudiant à taux préférentiel. L’objectif est de rendre tous les étudiants autonomes financièrement, indépendamment des revenus des parents, dont le montant ne rentre pas en compte dans le calcul des aides.
Concrètement, tous les étudiants suédois – et une bonne partie des étudiants étrangers résidants en Suède – ont accès aux aides de la CSN, appelées studiemedel, pour un montant maximal de 301 euros par semaine en 2026, soit 1 205 euros par mois. Dans le détail, le versement mensuel de l’allocation peut atteindre 365 euros par mois, montant que tous les étudiants peuvent compléter, s’il le souhaite, par un prêt allant jusqu’à 840 euros par mois. En 2025, l’équivalent de 3,96 milliards d’euros a été versé au titre du studiemedel, dont environ un tiers de bourses et les deux tiers restants sous forme de prêts.
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516 000 bénéficiaires en 2025
En 2025 toujours, 516 000 étudiants en Suède ont bénéficié du dispositif, sur les 525 000 étudiants que comptait le pays, soit la quasi-totalité. Parmi ceux-ci, 73,8 % ont également bénéficié de la partie prêt du studiemedel. Selon un rapport sur la situation économique et sociale des étudiants de la CSN cité par le Sénat français dans une note, « 71 % des étudiants sont satisfaits de leur situation financière pendant leurs études ».
Seul bémol et non des moindres : l’endettement conséquent des jeunes actifs, qui doivent commencer à rembourser leur prêt au plus tôt six mois après l’obtention de leur diplôme ou l’interruption de leurs études. Ainsi, en 2013, 85 % des Suédois obtenaient leur diplôme endettés.
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Mais le studiemedel n’est pas la seule aide auxquels les étudiants suédois peuvent prétendre : ceux âgés de moins de 29 ans ont également droit à une allocation logement en fonction de leurs revenus annuels, ainsi qu’à une allocation parentale s’ils sont parents d’un enfant. Les étudiants défavorisés peuvent également demander des aides sociales complémentaires. À ces dispositifs s’ajoutent une aide à la reconversion pour les adultes souhaitant changer de profession et une aide pour les lycéens, le studiebidrag, d’environ 110 euros par mois. Un système complet qui permet au pays de 10,6 millions d’habitants de faire valoir un système universitaire public entièrement gratuit parmi les plus performants en matière d’égalité des chances.