Jürgen Klopp, nouveau sélectionneur, a déjà envoûté l'Allemagne mais prévient : "Si vous ne laissez pas ma famille tranquille, je m'en vais"
Par où commencer ? Probablement par cet épisode complètement loufoque à la mi-juin, sur le plateau de MagentaTV. "Heureusement, Nagelsmann choisit encore l'équipe (de l'Allemagne) – pour l'instant, pour l'instant", lâche Jürgen Klopp, en pleine Coupe du monde, à qui Thomas Müller rétorque en rigolant : "Kloppo, nous sommes en juin, toi tu es déjà en septembre."
Aussi prophétique soit-elle, cette séquence a valu une tonne de critiques au fraîchement nommé sélectionneur de la Mannschaft. Les ex-internationaux Andreas Möller et Stefan Effenberg ont justement qualifié la sortie "d'irrespectueuse" et "d'inacceptable". "J'aurais pu me donner un coup de poing au visage pour ça, mais c'était déjà trop tard et nous étions en direct", s'est par la suite excusé Klopp.
Coupe du monde 2026 - Jürgen Klopp nommé sélectionneur de l'AllemagneLa star, ce sera lui
Qui, encore ce vendredi lors de sa présentation, a répété que le jour où ces mots ont échappé de sa bouche était "un des pires de sa vie". Il faut dire que chez nos voisins de l'Est, l'incident a déjà franchi la frontière de l'anecdotique puisque, contrairement à l'Italie, l'Allemagne a dégoté sa licorne en faisant de Klopp son sélectionneur. "Nous n'avons pas de joueurs comme Mbappé ou Doué actuellement, mais nous pouvons quand même battre des équipes comme la France", a prévenu l'ancien chouchou de Mayence, Dortmund et Liverpool.
C'est sûr que la Mannschaft, bien qu'elle possède des talents comme Wirtz ou Musiala, ne compte actuellement plus de véritables icônes parmi son vivier de joueurs. Au point qu'il est légitime et naturel de se demander si la star de l'équipe nationale ne sera finalement pas assise sur le banc le 24 septembre prochain, contre les Pays-Bas. Les témoins de la conférence de presse inaugurale de Klopp confirmeront certainement la théorie. Ce n'est pas pour rien que Bild, en plus de décrire sa présentation aux médias comme "son premier show en tant que sélectionneur", a déjà commenté son investiture avec un jeu de mots : "Das wird Kloppen (Ça va le faire)".
Pas comme "La prochaine Top Model allemande"
Libéré avec le versement d'une contrepartie d'un million d'euros à Wings for Life, fondation de Red Bull dédiée à la recherche sur les lésions de la moelle épinière, et la garantie que l'équipe nationale disputera trois matchs à Leipzig lors des quatre prochaines années, l'homme au sourire le plus blanc et éclatant d'Allemagne a amusé la galerie. Tout en insistant ne pas vouloir être au centre des attentions, mais aussi prévenu : "Le jour où vous ne voudrez plus de moi, dites-le, et je m'en vais. Sans indemnités. Si vous vous comportez mal et que vous ne laissez pas ma famille tranquille, je m'en vais." En s'adressant particulièrement aux médias : "Votre rôle est de veiller à ne pas mal me comprendre constamment."
Bien que la première échéance demeure la Ligue des nations, qui reprendra ses droits dès septembre, le premier grand tournoi de Klopp sera a priori l'Euro 2028 qu'il disputera "pratiquement à domicile", comme l'écrit si bien la presse allemande, puisqu'il se déroulera au Royaume-Uni et en Irlande. D'ici là, il espère trouver "un équilibre entre développement et performance". "Il ne s'agira pas d'un casting improvisé comme dans (l'émission) 'La prochaine Top Model allemande', a annoncé celui qui a signé jusqu'en 2030. J'ai observé 57 joueurs de champ. Nous avions beaucoup de bons éléments à la Coupe du monde qui n'ont pas particulièrement brillé. C'est loin d'être mauvais, mais il y a clairement des progrès à faire. Nous sommes champions du monde et d'Europe U17. Ces joueurs doivent avoir 20 ans maintenant. Maintenant qu'ils ont leur permis de conduire, nous pouvons les utiliser."
guillementDemain, le voisin sera moins désagréable, le temps sera plus clément et Merz ne se trompera plus.
Lijnders, Bender, Mertesacker…
Le "nous" auquel il fait référence englobe son staff qui sera composé de Pep Lijnders et Peter Krawietz, qui l'ont assisté à Liverpool notamment, ainsi que son ancien joueur à Dortmund Sven Bender. Tout comme Per Mertesacker qui deviendra le directeur sportif de la fédération dès le 1er janvier 2027. Mais aussi, et surtout tout un pays : "L'équipe nationale a le pouvoir de nous unir, nous autres Allemands, comme peu d'autres choses."
Le discours rassembleur a par ailleurs envoûté la nation et la presse. Et Klopp en est parfaitement conscient. "Je ne pourrai jamais plaire à tout le monde, a-t-il ajouté. J'essaie de faire au mieux pour notre bien. Je me suis imaginé que nous devenions champions du monde dans quatre ans, ce serait formidable. Si nous y croyons tous ensemble, si nous visualisons cette réussite, demain le voisin sera moins désagréable, le temps sera plus clément et Merz (Friedrich, le chancelier) ne se trompera plus."
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