Jean-Paul Favier, ancien juge d'instruction et juge de la jeunesse à Tournai, est décédé à l'âge de 72 ans
Né à Tournai le 9 juin 1954, Jean-Paul Favier – que tout le monde appelait le juge Favier" – s'est éteint à Blandain le 6 août dernier. Avec lui disparaît une personnalité bien connue du monde judiciaire tournaisien, où il aura marqué plusieurs générations de magistrats, d'avocats et de justiciables par son professionnalisme, son sens de l'écoute et une bienveillance qui ne le quittait jamais.
Après avoir exercé le métier d'avocat, Jean-Paul Favier avait rejoint la magistrature. Il fut d'abord juge d'instruction avant de devenir juge de la jeunesse au tribunal de Tournai, une fonction dans laquelle il s'était pleinement investi. Ceux qui ont travaillé à ses côtés se souviennent d'un magistrat exigeant, mais profondément humain, toujours animé par le souci de rendre une justice équilibrée. En tant que juge d'instruction, il est notamment intervenu à un moment donné dans le cadre de l'enquête menée suite à la disparition de Sylvie Carlin, à Roucourt en décembre 1994. Il aura fallu attendre 2008 avant que la Justice ne reconnaisse officiellement qu'il s'agissait d'un enlèvement.
Un magistrat respecté de tous
Ancien procureur du Roi de Tournai, Eric Delhaye, qui a achevé sa carrière en mai 2024, a bien connu Jean-Paul Favier. Très touché par l'annonce de sa disparition, il évoque avant tout l'homme derrière le magistrat.
"C'était quelqu'un de très jovial et un bon vivant. Il était juste, aussi bien lorsqu'il était juge d'instruction que juge de la jeunesse", confie-t-il.
L'émotion est d'autant plus vive qu'ils avaient encore échangé quelques mots quelques semaines auparavant. "Nous avions eu des échanges très cordiaux le 9 juin dernier, le jour de son anniversaire. J'ai été profondément choqué d'apprendre son décès", ajoute Éric Delhaye.
Tous ceux qui l'ont côtoyé retiennent également son implication sans faille dans son travail, son sens des responsabilités et sa disponibilité envers ses collègues.
Toujours au service des autres
Sa carrière judiciaire derrière lui, Jean-Paul Favier avait poursuivi son engagement au service des autres. À Blandain, où il résidait, il consacrait une partie de son temps à plusieurs associations. Il s'investissait notamment pour Don Bosco, l'Opération Orange ainsi qu'au sein de la banque alimentaire locale, fidèle à ses valeurs de solidarité et d'entraide. Il avait aussi assuré le secrétariat de l'Association ATM (Aide aux Tiers-monde) à Blandain.
Cet engagement discret, mais constant, reflétait parfaitement l'homme qu'il était : généreux, attentif aux autres et toujours prêt à donner un peu de son temps pour ceux qui en avaient besoin. Il suffit de lire les commentaires laissés sur l'avis nécrologique repris sur notre site Internet pour mesurer à quel point Jean-Paul Favier, malgré sa discrétion, avait marqué les esprits.
Conformément à ses volontés, la crémation se déroulera dans la plus stricte intimité familiale. Un hommage lui sera rendu ce mercredi 12 août à 16 heures au Club de l'Amitié, rue de l'Église, à Blandain.
À son épouse, à ses enfants, à ses petits-enfants ainsi qu'à l'ensemble de sa famille et de ses proches, la rédaction de L'Avenir – Le Courrier de l'Escaut présente ses plus sincères condoléances.