Jean-Paul Belmondo à la Cinémathèque Française… Entre ici « Bébel »

Caroline Vié

Caroline Vié

Publié le 10/10/2026 à 08h02 • Mis à jour le 10/10/2026 à 08h02

Fiche d'identité

  • Jean-Paul Belmondo s’est illustré aussi bien dans les films d’auteur que dans le cinéma populaire.
  • Il adorait son public mais détestait les récompenses.
  • Devenu icône de la culture populaire, Jean-Paul Belmondo est à l’honneur d’une exposition à la Cinémathèque Française.

«On le croyait immortel ». Cette déclaration de Jean Dujardin, sur un cartel de l’exposition Jean-Paul Belmondo qui a ouvert ce mercredi à la Cinémathèque Française, résume bien l’impact de l’acteur sur la culture populaire. Décédé en 2021 à l’âge de 88 ans, celui que les Français aimaient appeler familièrement « Bébel » est inoubliable.

La carrière de ce monstre sacré du cinéma français revit au travers d’une rétrospective assortie d’extraits de films, d’interviews, de costumes, d’images d’archives et même d’un atelier où les visiteurs peuvent choisir la photo de l’une de ses cascades pour poser avec lui. « Moi, je veux être clown », disait-il à sa mère alors qu’il était encore enfant. « Tu l’es déjà », répondait-elle. Mais Bébel est bien davantage que cela comme en témoigne aussi Belmondo le magnifique, bel ouvrage collectif dirigé par Clémentine Deroudille avec la participation de Paul Belmondo, édité par la Cinémathèque et Albin Michel.

Deux facettes de la star

Ce que rappelle d’abord l’exposition, c’est à quel point le comédien a pu faire le yoyo entre cinéma d’auteur et grands films populaires. On se souvient d’A bout de souffle et de Pierrot le fou de Jean-Luc Godard au début des années 1960 mais on oublie parfois Léon Morin prêtre de Jean-Pierre Melville ou Stavisky d’Alain Resnais. Jean-Paul Belmondo avait produit discrètement ce film pour être certain que le cinéaste disposerait d’une entière liberté.

Notre dossier sur Jean-Paul Belmondo

On repense également à la « marque » Jean-Paul Belmondo avec ses plus célèbres cascades. On le revoit courir sur le toit d’une rame de métro parisienne dans Peur sur la ville d’Henri Verneuil, survolant Venise suspendu a à un hélicoptère pour Le Guignolo de Georges Lautner ou debout sur l’aile d’un avion dans L’Animal de Claude Zidi. « C’était un bonheur complet. Très égoïste mais exaltant, » expliquait-il.

L’amour du public

Jean-Paul Belmondo aimait passionnément son public. Lauréat d’un César en 1988 pour Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch, il n’est pas venu chercher sa récompense. « Je pense que le public est le seul jury qui puisse vous accorder des distinctions. Je demande à mes amis professionnels de reporter sur les autres nominés les voix qu’ils pourraient me destiner, » avait-il déclaré à cette occasion.

Photo exposée à l'Exposition Jean-Paul Belmondo de la Cinémathèque Française

Photo exposée à l'Exposition Jean-Paul Belmondo de la Cinémathèque Française - Paul Belmondo/La Cinémathèque Française

Un bel exemple de modestie de la part d’un artiste adulé par de grands noms internationaux comme Steven Spielberg, Quentin Tarantino, Martin Scorsese et John Woo. Il a inspiré Mœbius pour créer le personnage de Blueberry et Buichi Terasawa pour celui de Cobra. Par-delà l’image de la star adulée, c’est pourtant celle d’un grand-père comblé posant sous l’œil ébloui de son petit-fils Victor, devenu acteur à son tour, qu’on aime garder de lui à la fin de l’exposition.