"Je préfère quand les attentes sont grandes" : Edward Still se confie à quelques heures de lancer officiellement sa saison avec la RAAL
Ce début de saison a un goût particulier pour Edward Still. Pas seulement parce que le coach de la RAAL retrouve d'entrée de jeu son dernier club en Belgique, Anderlecht, où il a assuré l'intérim de Besnik Hasi quelques jours en hiver avant de filer à Watford où son aventure s'est terminée en mai.
Une fin de collaboration avec le club de Championship qui ne l'a pas mis sur la touche trop longtemps, l'aîné des Still étant officiellement nommé le 21 mai à La Louvière.
"Cette reprise est spéciale car il y a longtemps que je n'avais pas pu avoir une préparation complète, sourit-il. Cela fait du bien. En fait, j'adore ces préparations d'avant-saison et le temps qu'on peut prendre avec l'équipe et le staff pour mettre en place toutes les bases. Depuis Charleroi (NdlR : 2021-2022), je n'avais plus connu ça."
En quoi c'est différent pour vous aujourd'hui ?
Depuis, j'ai surtout gagné en expérience. Je peux être plus complet dans mon approche. La grande différence est que je peux beaucoup mieux utiliser les forces présentes dans le staff. À La Louvière, il est grand et il regorge de qualités et de compétences. L'objectif est de les utiliser le mieux possible.
guillementJe comprends la méfiance de certains envers moi. En tant que supporters, j'aurais pu aussi ressentir ça.
Quand vous avez lancé votre carrière de T1, vous ne rêviez pas d'une autre trajectoire pour votre avenir ?
Tout dépend de ce que l'on recherche dans le travail. En passant par Bruges, Lens ou Anderlecht, j'ai quand même pu toucher quelque chose de magnifique. Je recherche surtout un environnement dans lequel je peux m'éclater tous les jours et je veux le faire dans un endroit où le club est fort, les gens compétents, calmes et dans le partage de la passion. J'ai pu toucher des projets moins stables, plus flous… avec de grands noms mais sans cette stabilité et cette force des valeurs humaines, le plaisir est vite perdu. Tous les jours, je me lève avec l'excitation de venir au club, d'animer ces séances, de créer une équipe qui va être forte. Mon plaisir est là.
Pour beaucoup de joueurs, venir à La Louvière peut être un tremplin. Vous ne vous dites pas que cela peut être votre cas aussi ?
Dans l'immédiat non. J'ai vraiment envie de construire la prochaine page de l'histoire du club. Elle est tellement magnifique depuis 2017. J'espère dans les prochaines années amener le club le plus haut possible. Et si cela permet quelque chose de plus grand, de plus beau, de plus loin, tant mieux. Mais je n'y pense pas aujourd'hui.
guillementÀ la RAAL, tu sens, au quotidien, la force des gens qui sont derrière ce projet.
La Louvière est plutôt du style à miser sur de la stabilité. On sait que vous êtes devenu papa et que vous vous rapprochez de chez vous avec la RAAL, cela peut devenir le combo gagnant ?
J'espère surtout que ce sera le résultat. Clairement, gagner des matchs fera en sorte que le projet qu'on veut voir réussir grandisse et se développe. Évidemment, on est tous humain, ce n'est pas facile de travailler loin de chez soi. Demandez aux joueurs, ils le savent mieux. On a donc eu l'impression avec Salvatore (NdlR : Curaba) que les étoiles s'étaient alignées et qu'on s'était trouvé au bon moment pour tout le monde.
Jupiler Pro League 2026-2027 : format à 18 sans playoffs, retour à la télé, nouvelles règles… tout ce qui change cette saisonPar rapport à Watford ou même Anderlecht, en quoi vous avez progressé ?
J'ai pu toucher un niveau plus haut avec un vestiaire qui contient beaucoup plus d'ego, plus de qualités, de force. J'ai surtout travaillé dans un contexte qui était par moments difficiles à gérer. Ce genre de situations te rend plus fort. Si tu sais maîtriser un tel quotidien, les choses ensuite te paraissent plus faciles.
Quand vous êtes arrivé à La Louvière, les plus négatifs ont mis en évidence que c'était votre 4e club en un an (Lens, Anderlecht, Watford et RAAL) et que vous manquiez de résultats.
Je comprends honnêtement cette méfiance. Je suis aussi un supporter de foot depuis mon plus jeune âge avec un club de cœur (West Ham) que j'ai suivi partout en Europe et qui n'a pas seulement marqué mon enfance mais aussi qui je suis aujourd'hui. Si on se concentre sur les faits, la sortie de Lens n'était pas prévue avec le contexte familial de Will que je ne souhaite à personne. J'ai ensuite été séduit par le discours à Anderlecht qui a changé très rapidement. Tout le monde connaît la situation floue qu'a connue le club et le départ de Besnik. Ma situation était aussi floue et incertaine. Ensuite, il y a cette approche d'un club historique. En étant le 4e coach de la saison de Watford, je savais que c'était tout ou rien. J'étais conscience que je jouais avec le feu. Mais j'ai voulu prendre le risque.
À Watford, soit vous deveniez le héros, soit vous vous cassiez les dents ?
Complètement. Pouvoir aller de l'avant et pouvoir prendre ce genre de risque, c'est la plus belle façon de vivre sa vie. À Anderlecht, je n'avais aucune garantie. J'ai voulu prendre en main mon destin en étant dans l'action plutôt que la réaction. Je n'ai aucun regret, je suis très serein au moment de devoir répondre à ce genre de questions.
guillementJ'ai pu décider des profils à recruter avec la direction. Je n'avais pas un directeur sportif qui me les a imposés.
À 35 ans, vous restez un jeune entraîneur mais vous avez déjà pas mal de bouteilles. Avec quel statut venez-vous ? Celui qui doit encore prouver ou qui a déjà prouvé des choses ?
Je pars du principe qu'il faut toujours prouver. Chaque jour. Dès qu'on est satisfait de ce qu'on a montré ou qu'on se dit qu'on est arrivé, c'est le début de la fin ou la fin tout court. Clairement, dimanche, je ne serai pas tout seul à prouver. C'est tout le collectif. Je ne parle pas uniquement des joueurs mais aussi du staff. La force qu'on montrera collectivement va définir en partie notre saison.
Dans ce nouvel environnement louviérois, qu'est-ce qui vous a le plus surpris après deux mois et demi ?
La force et le calme du club. Tu sens, au quotidien, la force des gens qui sont derrière ce projet. Ils sont calmes mais leur approche et vision sont claires. Au quotidien, cela permet de travailler dans un milieu fort et sain pour tout le monde. C'est assez marquant.
Après cette saison, les attentes vont être bien présentes. On se souvient des coups d'éclat de l'équipe. Avec le changement de formules, le renouvellement d'effectif et le changement de staff, la direction montre qu'elle veut avancer.
Je préfère que les attentes soient grandes. On sait aussi d'où on vient et on sait qu'on ne jouera pas les places européennes. La première étape est d'assurer notre statut en Pro League le plus vite possible. C'est marrant car j'ai eu cette discussion avec Will il y a quelques jours et il vivait ça aussi. J'espère qu'on pourra répondre aux attentes pour donner encore plus envie aux supporters de venir au stade et d'être vraiment derrière nous.
La RAAL, l'oiseau pour le chat en Jupiler Pro League ? Ces changements à La Louvière qui doivent permettre de déjouer les pronosticsPour y arriver, vous avez des loups ou des agneaux ?
Des Loups ! On a travaillé d'arrache-pied avec la direction pour identifier les joueurs qu'on voulait avoir. Je n'ai pas un directeur sportif au-dessus de moi qui m'imposait les joueurs, j'ai pu décider avec la direction les profils : physique, techniques mais aussi humains. Patrick Nkoa, Mame Wade, Ismaila Coulibaly ou Elias Filet… ces joueurs veulent montrer qu'ils ont leur place à ce niveau. Le travail collectif va les aider aussi à grandir. Je suis confiant. Cette équipe illustre vraiment les valeurs du club et cette image du loup.
guillementAujourd'hui, j'utilise mieux les forces de mon staff.
Mais elle va encore évoluer d'ici à la fin du mercato. Difficile d'avoir des certitudes.
Il est trop tôt pour parler de certitudes. On a pu créer des bases, des repères, des fondations qui vont servir dès dimanche et sur toute la saison. On a une assise défensive, c'est le secteur qui a été le moins impacté. On doit construire sur cet aspect, surtout avec notre agressivité dans l'impact défensif qui est un marqueur fort chez nous. Offensivement, ceux qui sont arrivés (NdlR : Filet et Isah) doivent encore apprendre à se connaître. L'effectif est encore très large, on aura encore deux ou trois arrivées mais donc aussi des départs. Le chantier est encore en cours.
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