« Je ne regarderai pas » : exécution d’un condamné à mort diffusée en direct, J.D. Vance désavoue Trump
Le vice-président américain J.D. Vance prend la parole lors d'un rassemblement à l'aéroport régional du comté d'Allen à Lima, dans l'Ohio, le 9 octobre 2026.
© Samuel Corum/Pool via REUTERS
J.D. Vance a marqué son désaccord face à la décision de Donald Trump de diffuser en direct l’exécution d’un condamné à mort.
Une annonce qui choque le monde… et pas que. Alors que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré vouloir diffuser en direct la mort d’un détenu par peloton d’exécution, J.D. Vance a partagé son désaccord. Le vice-président, qui ne s’oppose que très rarement à Donald Trump, a été interrogé à ce sujet vendredi. Il a d’abord exprimé ses doutes quant à la tenue réelle d’une telle diffusion en direct, estimant ne pas savoir si elle aurait vraiment lieu. Présent à bord d’Air Force Two, ce dernier qui se présente comme un fervent catholique, a été questionné sur sa foi, rapporte le « Washington Post ». À la question de savoir si celle-ci pouvait se concilier avec la retransmission d’une exécution en direct, il a déclaré : « Si l'exécution est finalement retransmise en direct, je ne la regarderai pas. »
J.D. Vance, qui est favorable à la peine de mort, a toutefois ajouté plus tard qu’il espérait que « les gens n'oublieraient pas qu'il s'agit d'un homme qui a brutalement assassiné de nombreuses personnes innocentes ».
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Nidal Malik Hasan, ancien major de l'armée américaine qui avait tué 13 personnes et en avait blessé 32 autres lors d'une fusillade en 2009 sur la base de Fort Hood, au Texas, a été condamné à mort en 2013 à l’issue d’un procès durant lequel il avait qualifié son geste d’acte du Djihad. Son exécution, qui doit être la première d’un soldat américain depuis 1961, devrait également être la première par peloton d’exécution depuis 1945.
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« Peu m'importe la manière dont il meurt, pourvu qu'il meure »
Lui aussi interrogé vendredi, Donald Trump a confirmé être en parfait accord avec son secrétaire à la Défense sur la retransmission en direct de l’exécution, tout en précisant que la décision n’est pas totalement actée, notamment en raison du risque que celle-ci soit instrumentalisée à des fins de propagande. « Je prendrai une décision à ce sujet, mais il sera exécuté. Il passera par un peloton d'exécution. […] Peu m'importe la manière dont il meurt, pourvu qu'il meure. Et je pense que la peine de mort est une fin tout à fait digne pour lui », a déclaré le président américain.
Une question demeure, qui diffusera cette mise à mort si elle a bien lieu ? Les chaînes de télévision n’ont pour l’instant pas annoncé leur intention de la retransmettre, d’autant qu’elles sont régies par des règles strictes. Jeudi, le Pentagone avait annoncé qu’elle serait retransmise en direct sur Internet. Mais les plateformes en ligne, Meta, propriétaire d'Instagram et de Facebook, ont interdit la diffusion en direct d'exécutions capitales sur ses plateformes depuis 2019. Un porte-parole de TikTok a de son côté fait référence à sa politique relative aux contenus violents, qui stipule que la représentation du « moment de la mort de quelqu'un » est interdite sur le service de partage de vidéos.
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L’ONU et Amnesty International ont rapidement condamné le projet de retransmission en direct de cette exécution. La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a également qualifié la retransmission en direct de l’exécution de « promotion barbare d’une culture de mort ».
Une exécution par peloton se déroule ainsi : « Le condamné est généralement attaché à une chaise par des sangles de cuir autour de la taille et de la tête, devant un mur ovale en toile », écrit sur son site l’organisation Death Penalty Information Center. « La chaise est entourée de sacs de sable destinés à absorber le sang du condamné. Une cagoule noire est rabattue sur sa tête. Un médecin localise le cœur du condamné à l'aide d'un stéthoscope et y fixe une cible circulaire en tissu blanc. Dans un enclos situé à six mètres de distance, cinq tireurs sont armés de fusils de calibre .30 chargés de balles uniques. L'un d'eux reçoit des cartouches à blanc. (…) Chaque tireur vise avec son fusil à travers une fente pratiquée dans la toile et tire sur le condamné. Le condamné meurt d'une hémorragie provoquée par la rupture du cœur ou d'un gros vaisseau sanguin, ou par une perforation des poumons. La personne touchée perd connaissance lorsque le choc entraîne une chute de l'apport sanguin au cerveau. Si les tireurs manquent le cœur, par accident ou intentionnellement, le prisonnier meurt d'hémorragie lente. »
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