"Je ne m’y sens plus bien" : divisions politiques, crainte du RN, mise en examen... Martine Froger annonce à ses adhérents qu’elle ne briguera pas un second mandat de députée
l'essentiel Mise en examen en mars dernier pour des soupçons d’irrégularités financières, la députée socialiste de l’Ariège Martine Froger annonce dans une lettre aux militants qu’elle ne se représentera pas aux prochaines législatives. Invoquant le besoin de préparer sa défense mais aussi le climat de division politique, l'élue promet toutefois de mener son mandat jusqu'à son terme. La Dépêche du Midi vous raconte.
Dans un courrier adressé aux militants socialistes, la députée Martine Froger l'annonce clairement : elle ne briguera pas de second mandat lors des prochaines élections législatives. Une décision justifiée notamment par des "circonstances personnelles que je traverse actuellement" et qui nécessitent "de consacrer du temps et de l'énergie à ma défense".
Pour rappel, la parlementaire de la première circonscription de l’Ariège a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire le 23 mars 2026 à Toulouse, dans le cadre d’une enquête sur des soupçons d’irrégularités financières liées à des associations locales qu’elle a dirigées entre 2019 et 2025. Une information rendue publique le 26 mars par le parquet de Toulouse. Martine Froger a toujours contesté fermement les faits reprochés, ainsi que les montants évoqués.
Une "division" politique
Dans sa lettre, la députée avance également d'autres motifs, exprimant le besoin "de passer le relais à un ou une camarade qui saura, à son tour, porter nos valeurs et faire vivre notre engagement au service de l'Ariège." Jointe ce dimanche 11 octobre 2026, Martine Froger apporte des précisions complémentaires : "J'ai trop peur de l'élection présidentielle et je ne veux pas siéger dans une assemblée où on risque d'avoir le Rassemblement national au gouvernement."
Cette décision résulte en réalité d'une accumulation de facteurs. "Ce n'est pas l'affaire qui me concerne en premier", assure-t-elle, pointant surtout "la division" politique. "Au début [de mon mandat], tout l'intérêt, c'est qu'on travaillait tous dans le même sens. Ce qui a changé aujourd'hui, on l'a vu avec les sénatoriales : on voit bien qu'on est tous divisés. Ça ne m'intéresse pas de travailler dans ces conditions-là, je ne m'y sens plus bien."
Dans sa lettre, Martine Froger tient toutefois à rassurer les adhérents du PS : du travail et d'importants combats restent à mener. "Je continuerai jusqu'au dernier jour de mon mandat à exercer pleinement les responsabilités qui m'ont été confiées."