"Je ne crois pas qu'Instagram soit addictif": alors que l'Australie veut réduire le poids des algorithmes, le patron d'Instagram s'alarme de leur fin possible et de leurs effets sur l’engagement des utilisateurs

"Je ne crois pas qu'Instagram soit addictif": alors que l'Australie veut réduire le poids des algorithmes, le patron d'Instagram s'alarme de leur fin possible et de leurs effets sur l’engagement des utilisateurs

Publié aujourd'hui à 14h27

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Adam Mosseri, le patron d'Instagram, s'est montré très critique contre l'Australie qui souhaite permettre de donner aux utilisateurs la possibilité de sortir des algorithmes de son entreprise. Pour lui, c'est ouvrir une boîte de Pandore de contenus publicitaires.

Lorsqu'on interroge Adam Mosseri au sujet de l'impact des algorithmes sur les utilisateurs, le patron d'Instagram est loin d'être aussi critique que le gouvernement Australien. Ce dernier souhaite donner le choix aux utilisateurs de bénéficier d'un flux chronologique inversé plutôt que celui choisi par la plateforme qu'ils utilisent en fonction de leur profil.

Mais pour Adam Mosseri, ce serait une grossière erreur: "Il s'avère que vos amis publient beaucoup moins que les créateurs, qui publient beaucoup moins que les marques et les entreprises," a-t-il souligné lors d'une rencontre avec les médias, dont le Guardian.

Pire encore, selon lui, une telle mesure inciterait à "produire plus" puisque cela augmenterait les possibilités d'apparaître en dernier dans un flux chronologique. Flux chronologique qui ne serait d'ailleurs réclamé que par une "minorité très bruyante".

"Nous commettons des erreurs"

A contrario, Adam Mosseri pense aussi qu'un tel flux serait aussi synonyme de lassitude, aussi bien de la part de ceux qui postent beaucoup que ceux qui postent peu: "Ce qui peut se passer, c'est que les gens deviennent un peu moins intéressés par l'expérience et qu'ils utilisent beaucoup moins (l'application), ce qui signifie donc moins de portée (des publications) et une colère de la part de ceux qui constatent que leurs publications ont moins d'engagement."

Les algorithmes sont au cœur des différents réseaux sociaux et permettent de conserver un temps d'attention important. Ils régissent ce que l'on voit. Dans le cas d'Instagram, les publications de personnes avec lesquelles on va le plus interagir vont avoir tendance à davantage apparaître en premier, mais des suggestions de contenu - publicitaire ou non - que l'on ne suit pas forcément peuvent apparaître selon le "profil" qu'Instagram a conçu à partir de nos nombreuses données personnelles et interactions sur les réseaux sociaux de Meta.

Venir bousculer tout cela pourrait donc avoir un sérieux impact sur les revenus publicitaires de Meta: "Cela ne veut pas dire que (les algorithmes) sont parfaits, nous faisons des erreurs - l'une des choses qui me frustre le plus sur ce sujet est que nous finissons par trop optimiser des éléments que nous pouvons mesurer en laissant de côté les éléments plus complexes."

Des algorithmes semblables à "une boîte noire"

Adam Mosseri explique que les algorithmes d'Instagram sont semblables à "une boîte noire", difficilement accessibles, mais que l'objectif est tout de même de donner plus de choix aux utilisateurs sur ce qu'ils veulent voir. Ils peuvent par exemple supprimer certaines thématiques de leurs recommandations.

Il a aussi rappelé son état d'esprit face aux accusations entourant les réseaux sociaux: "Je ne crois pas qu'Instagram soit addictif - je sais que c'est controversé à dire - je pense que nous - le plus souvent en anglais - confondons de toute façon la manière dont nous utilisons familièrement le mot 'accro'", soulignant que contrairement à une dépendance à une drogue ou à l'alcool, les réseaux sociaux ne nécessitaient pas un sevrage créant des symptômes particuliers.

Le patron d'Instagram n'en est pas à sa première déclaration du même genre. Il oublie néanmoins de souligner que Meta a toujours cherché à éviter que ses réseaux sociaux soient vus comme des produits addictifs. En août 2026, l'entreprise a ainsi signé un accord de 18 milliards de dollars avec la plupart des États américains afin de faire cesser des poursuites à son encontre et pouvant mener à des révélations embarrassantes sur la manière dont elle conservait l'attention de ses utilisateurs.

En plus de l'accord financier, Meta va limiter grandement l'utilisation d'Instagram chez les jeunes aux États-Unis: seulement 2h par jour et sans aucune vidéo la nuit.

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