"Je n'ai pas les mots": la colère de Benoît Payan au lendemain des violences du 17 octobre à Marseille
Le maire de Marseille a exprimé sa colère ce dimanche à la suite des dégradations et des scènes de pillage observées dans les rues de sa ville la veille. Il doit rencontrer prochainement le Premier ministre.
Au lendemain des scènes de violences observées à Marseille dans le cadre des manifestations du 17 octobre, Benoît Payan s'est exprimé face à la presse dans les rues de sa ville. L'édile a déclaré qu'il "n'aurait jamais imaginé vivre" une telle situation dans la cité phocéenne.
"Je n'ai pas les mots pour décrire ce que jamais je n'aurais imaginé vivre dans cette ville", explique le maire de Marseille.
"Des hordes de casseurs et pilleurs s'en sont pris à nos biens communs (...) sans aucune revendication, avec le seul but de casser les revendications de ceux qui venaient manifester de manière légitime", dénonce-t-il.
"Je veux savoir quels ordres ont été donnés"
L'édile a également déploré l'organisation des forces de sécurité, tout en saluant leur travail. "Je n'ai jamais vu une telle manière de maintenir l'ordre", assure-t-il.

"Quand je vois la mairie de Limoges brûlée, la mairie de Lille attaquée, les commerçants qui ont bien été seuls. Mon propos n'est pas d'incriminer la police nationale, elle fait ce qu'on lui demande. Je veux savoir quels ordres ont été donnés", dit-il.
Benoît Payan explique avoir demandé à être reçu par Emmanuel Macron. Il doit également rencontrer le Premier ministre avec les maires de Paris et de Lyon, Emmanuel Grégoire et Grégory Doucet, à une date qui est encore à déterminer.
Des forces de sécurité manquantes
Au cours des discussions qui seront menées ces prochains jours, le maire de Marseille entend avoir des explications pour "savoir ce qu'il s'est passé" dans sa ville.
"Dans ce pays, il y a un État de droit qui doit être respecté. L'ordre et le droit de manifester en font partie, et ni l'un ni l'autre n'a été respecté", déplore-t-il.
Il dénonce notamment les émeutiers qui ont pris à partie les policiers et les pompiers, qui étaient plusieurs centaines déployées sur le terrain. Mais les effectifs n'étaient pas suffisants. "Une compagnie de CRS, ça fait 80 CRS, pour une ville qui fait cinq fois Lyon et deux fois et demie Paris c'est insupportable", lance le maire de la deuxième ville de France.
Benoît Payan a notamment établi un comparatif avec les émeutes survenues après la mort de Nahel en 2023.
"Je me souviens avoir traversé des difficultés notamment avec les émeutes après la mort de Nahel. Ça a été difficile, mais j'avais du monde en face de moi", dit-il, citant la police nationale, la police municipale, la gendarmerie nationale et les marins-pompiers. "Que s'est-il passé depuis?", lance l'édile, agacé.
"Quand ça s'est passé pour Nahel, nous avions les forces de sécurité qui s'occupait de ça. Là, je ne sais pas à quoi elles ont été employées et c'est la question que je poserai au ministre de l'Intérieur", ajoute-t-il.
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