REPORTAGE. "Je n'ai jamais connu ça" : en Loire-Atlantique, les abeilles souffrent aussi des vagues de chaleur jusqu'à affecter les premières récoltes de miel
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Les apiculteurs s'inquiètent pour leur production de miel. Les premières récoltes de 2026 sont déjà à la baisse, de manière inédite, et les abeilles peinent à vivre dans un climat aussi chaud, malgré les moyens mis en œuvre pour les préserver.
Radio France
Publié le 13/08/2026 07:34
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Cette nouvelle vague de chaleur en France est sans doute celle de trop pour les apiculteurs. L'Union nationale de l'apiculture française s'attend à une chute des récoltes de miel d'été, avec de potentielles conséquences jusqu'au printemps 2027. En cause ? Les canicules à répétition et la sécheresse.
Les dégâts s'observent déjà au CETA (centre d'étude technique apicole) de Loire-Atlantique située à Saint-Herblain, près de Nantes. Autour de la vingtaine de ruches où les abeilles volent habituellement et s'affairent à récolter du pollen, elles sont cette fois-ci complètement amorphes, abattues par la chaleur.
Loïc Leray, à la tête du CETA de Loire-Atlantique, rappelle que "toutes les abeilles font ce qu'on appelle la 'barbe', elles forment une grappe. Elles sont devant, c'est quasi statique, on ne voit pas d'entrée de pollen. Et habituellement on voit nos abeilles arriver avec les pattes chargées de pollen". Sauf que lors de cet été 2026, "il n'y a pas d'activité dans les ruches, c'est un comportement complètement anormal par rapport à la saison", regrette le président de l'association qui regroupe 160 apiculteurs. Malgré 50 ans d'expérience dans l'apiculture, Loïc Leray affirme n'avoir "jamais connu ça".
Face à une végétation brûlée en raison du manque d'eau les abeilles n'ont plus rien à manger. Il faut donc les nourrir : "On va rajouter ce qu'on appelle un candi protéiné avec du pollen pour faire en sorte que les reines continuent à pondre, pour qu'on puisse avoir des abeilles d'hiver", complète l'apiculteur. Ce sont en effet ces dernières qui vont assurer la production de miel du printemps 2027. Cette technique a toutefois un prix qui s'élève à plus de 2 000 euros pour une exploitation moyenne de 300 ruches.
A cela s'ajoute le coût des récoltes d'été en baisse dans le département, les apiculteurs s'attendent à perdre environ un tiers de leur production. C'est le cas notamment pour Guillaume Chesneau qui possède 150 ruches à Rezé, au sud de Nantes. "J'ai des productions sur lesquelles j'obtiens deux à trois fois moins [de récoltes] que d'habitude. Là par exemple je viens de finir une extraction de tournesol, j'ai trois fois moins de production que l'année dernière, le miel d'été qui est un toutes fleurs que j'ai fait un petit peu avant, pareil je suis à peu près à 30-40% de moins que ce que je pouvais estimer. C'est compliqué", déplore l'apiculteur.
La profession envisage de réclamer des aides à l'Etat, même si elle veut surtout un changement des pratiques et un réveil des pouvoirs publics. Elle évoque notamment les conséquences de la loi Duplomb qui réintroduit des pesticides dits "tueurs d'abeilles", la lutte contre le frelon asiatique et la concurrence qu'elle juge déloyale avec le miel étranger.