"Je me battrai jusqu’au bout" : les parents d’un bébé de quatre mois né prématurément refusent l’arrêt des traitements et dénoncent une décision "irréversible" prise par la justice

l'essentiel Les médecins souhaitent mettre fin aux traitements qui maintiennent en vie Tasneem, âgée de quatre mois. Une décision validée par la justice mais refusée par ses parents, qui entendent poursuivre leur combat.

Depuis sa naissance, il y a quatre mois, Tasneem n'a jamais quitté l'hôpital Necker à Paris. Née prématurément avec une omphalocèle, une malformation de la paroi abdominale diagnostiquée avant sa naissance, la petite fille souffre depuis de graves complications digestives, respiratoires et neurologiques qui nécessitent notamment une ventilation artificielle et une nutrition parentérale. 

Après que son état de santé s'est brutalement dégradé le 6 juillet dernier, le collège médical de Necker a estimé à l'unanimité de limiter puis d’arrêter les traitements actifs, considérant leur poursuite comme une "obstination déraisonnable", rapportent nos confrères du Parisien. Une décision refusée par la famille qui a alors saisi la justice. Pour eux, leur fille continue de montrer des signes encourageants et ils estiment qu'il n'est pas encore possible de connaître précisément l'ampleur de son handicap. 

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Trois experts mandatés par la justice 

Pour trancher, trois médecins indépendants ont examiné le nourrisson. Si tous constatent certaines améliorations, ils ont conclu, eux aussi, à l'existence de "lésions cérébrales graves et irréversibles", estimant qu'il n'existait "pas de perspective d'évolution favorable à court terme." Les médecins ont également relevé un "niveau de souffrance élevé" lié notamment aux nombreux soins invasifs. 

Le tribunal administratif de Paris a finalement validé l'arrêt des traitements. Malgré les "quelques améliorations ponctuelles", la justice a estimé qu'elles ne traduisaient pas une amélioration générale et que la poursuite des soins relèverait d'une "obstination déraisonnable."

La bataille judiciaire n’est toutefois pas terminée. Le père de Tasneem assure à nos confrères qu’il "se battra jusqu’au bout" pour sa fille. La famille prépare désormais un recours devant le Conseil d’État.