midmed-news.com
  • 2026-08-05 05:32:52 +0000 UTC

    Aug 05, 2026

    Jason (16 ans) poignardé à mort à Chimay, une simple réprimande pour son agresseur: la sœur de la victime veut faire changer la loi

    Le 24 novembre 2022, Jason, un adolescent de 16 ans, a été poignardé à mort à proximité de la gare des bus de Chimay par un jeune de 15 ans. L'origine de ce conflit remonte à un incident banal survenu trois semaines plus tôt : le téléphone du suspect écrasé accidentellement par la trottinette de la victime. Une première dispute avait déjà éclaté entre les deux adolescents à cette occasion, laissant les relations tendues entre les deux jeunes jusqu'au jour du drame.

    Le jour des faits, les deux adolescents se trouvaient chacun entourés d'un groupe de jeunes aux abords de la gare des bus. Le suspect a quitté les lieux un instant avant d'y revenir et de se diriger directement vers Jason, auquel il a asséné plusieurs coups de couteau. Blessé, l'adolescent a trouvé refuge dans un café voisin, où le personnel a immédiatement alerté les secours. Transporté à l'hôpital, Jason n'a pas survécu à ses blessures.

    Son agresseur, en fuite, avait rapidement été interpellé à son domicile. L'autopsie du corps de la victime a révélé l'existence de six plaies, dont une qui a perforé le cœur. Devant le tribunal de la jeunesse, lors d'une audience qui s'est tenue en juin 2025, le prévenu, désormais majeur, avait reconnu les préventions à sa charge.

    Jason, 16 ans, tué par deux coups de couteau à Chimay

    Une réprimande en guise de sanction

    Mineur au moment des faits, le suspect a effectué un séjour de trois semaines en IPPJ. Une prestation éducative de 150 heures était sollicitée par le parquet contre le jeune prévenu. L'autorité judiciaire retenait l'absence de doute possible sur l'intention d'homicide et sur la préméditation, notamment en raison du nombre de coups portés, des zones touchées et d'une publication du suspect cinq jours avant les faits sur les réseaux sociaux annonçant une future "dinguerie".

    Finalement, le tribunal de la jeunesse de Charleroi lui a infligé une simple réprimande — la mesure la plus faible prévue par cette juridiction — provoquant l'incompréhension et la colère de la famille de la victime.

    "Aujourd'hui, mon petit frère Jason aurait eu 20 ans", s'exclame la sœur de Jason, Angélique, 34 ans, qui a lancé une pétition afin de dessaisir les mineurs reconnus coupables de faits graves et de les juger comme des majeurs.

    Mais la pétition ne rencontre pas le succès escompté. "En France, la solidarité est énorme pour le jeune Louis (l'adolescent de 17 ans lynché à mort lors d'un guet-apens à Narbonne le 19 juin 2026 par cinq jeunes dont trois mineurs, NdlR). Une pétition a dépassé les 117 000 signatures en quelques semaines. En Belgique ? À peine 1 000 signatures (1300 depuis la publication de son post Facebook, NdlR) en 8 mois…"

    "Des jeunes pour qui enlever une vie ne veut plus rien dire"

    "Ce combat, ce n'est pas que pour Jason. Regardez ce qui se passe aujourd'hui : des bagarres organisées et ils trouvent ça normal de se filmer pour publier les vidéos sur les réseaux sociaux, des jeunes pour qui enlever une vie ne veut plus rien dire, persuadés qu'un seul coup ne porte pas à conséquence", explique-t-elle.

    "Beaucoup de jeunes savent pertinemment qu'en dessous de 16 ans, ils bénéficient d'une forme d'impunité et se croient tout permis. Il faut responsabiliser la jeunesse ! Il me reste quatre mois pour atteindre les 25 000 signatures et obliger le Parlement belge à agir pour que tout mineur de plus de 14 ans auteur d'un crime grave soit jugé selon le Code pénal."

    "Je pense tous les jours au suicide"

    La pétition vise ainsi à prévoir des peines relevant du Code pénal ordinaire pour les mineurs impliqués dans des faits graves (assassinat, meurtre, viol, enlèvement, actes de terrorisme, etc.), avec peine d'emprisonnement proportionnée et inscription au casier judiciaire, mais aussi que les mesures éducatives et le suivi psychologique restent possibles, en complément et non en remplacement d'une sanction pénale réelle.

    Au niveau plus personnel, la perte de son frère a profondément affecté Angélique. "J'ai vu mon petit frère et mes petites sœurs devenir orphelins. J'ai galéré pour avoir leur garde parce qu'à l'époque, je n'avais que 19 ans. Ils ont souffert toute leur vie de la perte de nos parents et du placement où ils ont tous été séparés. Être seul au monde, ça laisse des séquelles. Je préfère souffrir toute ma vie plutôt que de faire subir un nouveau deuil à mes enfants et à mes petites sœurs. Je pense tous les jours au suicide, mais je ne suis pas égoïste au point d'imposer ma douleur aux enfants. Je suis sous traitement antidépresseur, mais cela ne suffit pas", conclut-elle.

    Si vous traversez une période difficile, le Centre de Prévention du Suicide est joignable gratuitement au 0800 32 123 (24h/24).

    Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.

    2026-08-05 05:32:52 +0000 UTC