« J’aurais rêvé que mes parents puissent assister à la même sensibilisation » : près de Grasse, une réunion pour parler des violences sexuelles sur mineurs et apprendre à les détecter
« Je suis ravi d’accueillir cette réunion, c’est quelque chose qui me tient à cœur parce que j’ai été victime de viol à deux reprises quand j’étais jeune. Je vais aller vite, parce que je ne peux pas trop en parler ce soir. Il y a des moments où on n’est pas très bien, car on n’est jamais vraiment guéri. »
C’est par ces quelques mots poignants du maire de Saint-Cézaire-sur-Siagne, Christian Zedet, qu’a commencé la réunion de sensibilisation pour la détection des violences sexuelles sur mineurs, mardi 22 septembre à l’espace Terre de Siagne.
Une sensibilisation importante - dispensée par Guillaume Guidez, chargé de mission à l’association Colosse aux pieds d’argiles -, car, comme l’a rappelé le maire, si ces violences sont détectées suffisamment tôt, « cela permet à l’enfant de parler, à la victime d’être condamnée, et donc il va pouvoir se reconstruire. J’aurais rêvé que mes parents puissent assister à la même sensibilisation que ce soir et arrivent à déceler ces signes. »
Pour sensibiliser à ces violences, Guillaume Guidez évoque les bons gestes à avoir avec un enfant lorsqu’on est coach ou professeur, pour le saluer - privilégiez le check -, le corriger sur sa posture - démontrer, lui demander si on peut le toucher -, avoir un entretien avec lui - ne jamais être enfermé seul dans une pièce avec le jeune, laisser la porte ouverte…
Les signes qui alertent
Après un point sur les différentes infractions à caractère sexuelles (corruption de mineur, exhibitionnisme, sextorsion, harcèlement), et quelques chiffres (dans 90 à 95 % des cas l’agresseur est un homme et 94 % des agresseurs sont des proches), place aux signaux d’alertes.
Pour un enfant en dessous de 12 ans, il faut être attentif à une difficulté dans l’apprentissage, à une conduite hypersexualisée, à une phobie scolaire, à des migraines et des crampes abdominales, à une difficulté à partager les vestiaires ou une peur d’être vu dévêtu, à des difficultés à s’intégrer à des groupes, au fait d’uriner ou de déféquer au lit…
Les adolescents, eux, peuvent se sous-estimer, avoir des idées suicidaires, des migraines ou des douleurs abdominales, mentir, fuguer, avoir un comportement sexuel « dissolu » ou des conduites hyper sexualisées, des troubles alimentaires, consommer de l’alcool et de la drogue, avoir un comportement anti-social, être en échec scolaire…
Le féliciter, l’encourager pour ses révélations
Alors, il est important que l’adulte détecte ces comportements et soit présent pour recueillir la parole de l’enfant. « Pour ce faire, il faut maîtriser ses émotions. Je sais, ce n’est pas facile, on est des êtres humains avant tout », explique Guillaume Guidez. Ne pas dramatiser, ne pas minimiser…
Il faut aussi le féliciter pour ses révélations, son courage, sa confiance et, bien sûr, ne jamais mettre en doute sa parole, avant de lui rappeler qu’il n’est pas coupable mais bien victime. « Il ne faut pas poser de questions ouvertes, il ne faut pas orienter le témoignage, précise le chargé de mission. Et il ne faut pas oublier qu’on n’est pas enquêteur, nous sommes là pour recevoir la parole », pas mener un interrogatoire.
Et, enfin, signaler les faits. Que ce soit à une autorité judiciaire (police ou gendarmerie, procureur de la république), à la protection de l’enfance (le 119) ou à une autorité administrative, par e-mail à [email protected] dans un contexte sportif. Ou même sur le site de l’association Colosse aux pieds d’argile, ou auprès d’une autre association de protection de l’enfance.
Une autre réunion dédiée à la sensibilisation à la détection des violences sexuelles sur mineurs aura lieu à l’espace Terre de Siagne de Saint-Cézaire, le 6 octobre, à 9 h 30, adressée notamment aux grands-parents. Plus d’informations sur ces violences sur https://colosse.fr/