"J'ai installé un QR Code devant ma caserne pour candidater" : comment les incendies de cet été provoquent un afflux de demandes pour devenir sapeur-pompier volontaire en Haute-Garonne
l'essentiel Les incendies qui ravagent actuellement plusieurs régions françaises suscitent un élan de solidarité inédit. En Haute-Garonne, les centres de secours voient affluer les candidatures de personnes souhaitant devenir sapeurs-pompiers volontaires pour, à leur tour, porter secours à la population. Un engouement directement lié aux feux de l'été, qui pourrait toutefois s'estomper une fois la crise passée.
Les mégafeux qui ravagent actuellement la Gironde, les Landes, le Var ou encore la Corse ne laissent personne indifférent. Alors que plusieurs dizaines de milliers d'hectares sont déjà partis en fumée, certains Toulousains ne veulent plus rester spectateurs. Face à ces incendies hors norme, les demandes pour devenir sapeur-pompier volontaire explosent. Un engouement directement lié à l'actualité, qui devrait toutefois retomber une fois la crise passée, selon les professionnels.
Une catastrophe qui suscite des vocations
"Hier, j'ai reçu quatre demandes par mail, six personnes sont venues sonner à l'interphone et j'ai eu quatre appels. J'ai même installé un QR Code à l'entrée de la caserne pour permettre aux gens de candidater", raconte Patrice Galtier, président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers de Haute-Garonne et pompier au centre de secours de Ramonville depuis 30 ans. Un afflux que l'on peut qualifier d'inhabituel. "À la normale, on reçoit cinq ou six demandes quotidiennes... parfois moins".
Pour lui, le lien avec les incendies est évident. "Dans les lettres de motivation comme au téléphone, les candidats évoquent tous les feux actuels. Ils nous disent qu'ils veulent être utiles à la population, venir en aide aux autres. C'est rassurant, parce que cela montre que les gens veulent s'investir. En revanche, on ne peut évidemment pas prendre tout le monde".
Comment devenir sapeur-pompier volontaire ?
Si ces incendies réveillent des vocations, ils ne permettent pas pour autant d'intégrer les rangs des pompiers plus facilement. "Il y a des critères. Les candidats doivent habiter à moins de huit minutes du centre de secours, avoir au moins 18 ans, être véhiculés...", énumère Patrice Galtier. Une fois recrutés, les volontaires suivent trois années de formation, avec des modules consacrés au secours à victime, aux interventions routières ou encore à la lutte contre les incendies. "Ils sont formés comme de vrais pompiers", insiste-t-il.
Le SDIS s'appuie également sur les Jeunes sapeurs-pompiers, un vivier important pour le volontariat. "On les accueille dès 13 ans. Ils suivent déjà une grande partie de la formation et, lorsqu'ils deviennent majeurs, ils n'ont plus qu'une formation complémentaire à effectuer avant d'intégrer les effectifs".
Chaque année, Patrice Galtier organise des campagnes de recrutement, même si des candidatures spontanées arrivent régulièrement. En Haute-Garonne, le SDIS compte 3 048 sapeurs-pompiers, dont 2 161 volontaires. Répartis dans 40 centres d'incendie et de secours, ils assurent la protection des 586 communes et de 1,3 million d'habitants. En 2026, plus de 61 000 interventions ont déjà été réalisées.
Quelles sont les chances d'être retenu ?
Pour espérer intégrer les rangs des volontaires, les candidats doivent transmettre un CV et une lettre de motivation. "On étudie les dossiers, on effectue un premier tri, puis il y a un entretien, une nouvelle sélection et enfin des épreuves physiques. Ce n'est qu'à l'issue de tout ce parcours que l'on choisit les candidats retenus", explique Patrice Galtier. Autant dire que les places sont limitées, même "s'il y a un turn-over chaque année", précise-t-il.
Pour autant, le pompier est convaincu que cet afflux de candidatures restera temporaire. "Quand les incendies seront terminés, les demandes reviendront à la normale. C'est la nature humaine : aujourd'hui, l'actualité pousse les gens à vouloir s'engager". En attendant, Patrice Galtier s'apprête lui aussi à partir sur le front. Dès lundi, il rejoindra la Gironde pour un détachement de 72 heures afin de participer à la lutte contre les incendies.