« J’ai envie de m’inscrire dans la continuité de ce qu’ont accompli Monette et Fabienne Candela » : qui est Fabien Buzenet, le nouveau directeur du théâtre Le Tribunal à Antibes ?
Pas tant que ça, les cours reprennent comme d’habitude et la programmation a été établie par Fabienne, il y a plusieurs mois. C’est l’année prochaine, lorsque je devrai concevoir ma propre programmation de A à Z, que j’aurai un peu plus de pression.
Comment vous projetez-vous dans ce nouveau rôle ?
J’ai envie de m’inscrire dans la continuité de ce qu’ont accompli Monette Candela (la fondatrice du Théâtre de la Marguerite avec son mari Loulou) et sa fille Fabienne. Mon souhait est de préserver cet héritage d’un théâtre populaire, accessible à toutes et à tous. C’est la raison pour laquelle nous nous battons, aujourd’hui, pour maintenir des tarifs très attractifs, tant pour les spectacles que pour les cours.
Un mot sur le départ de Fabienne Candela.
Elle m’a fait venir à Antibes, déjà dans la perspective de me transmettre le flambeau un jour. Il y a trois ans, cela s’est vraiment précisé et j’ai commencé à prendre de plus en plus de responsabilités. Tout s’est fait naturellement. Je ne fais pas un saut dans le vide. Je continue de donner mes cours, comme avant. L’équipe - que ce soit Lisa Mathis ou Valérie Duburc - est présente depuis vingt ans. Les six professeurs qui dispensent les cours, des tout-petits de 3 ans jusqu’aux seniors du CCAS, sont là depuis longtemps aussi.
Fabienne avait pour particularité d’accueillir les artistes chez elle. Comment cela va-t-il se passer désormais ?
Les artistes logeront dans un appartement situé à proximité. Trouver ce logement était important pour nous. En revanche, et c’est un point auquel je tenais beaucoup : tous les jeudis de première, l’artiste viendra dîner chez moi.
Craignez-vous que certains artistes ne viennent plus suite au départ de Fabienne ?
Peut-être que certains ne reviendront pas parce qu’ils venaient ici depuis quarante ans pour Monette et Fabienne. Ce n’est pas grave : d’autres nouveaux visages fouleront les planches du théâtre. Nous exerçons un métier en perpétuelle évolution, où il faut se remettre à la page quotidiennement. Le changement ne me fait pas peur, je le trouve même stimulant.
Comment repérez-vous les artistes ?
À 50 %, ce sont des sollicitations directes de compagnies ou d’artistes qui nous proposent leur projet. Les autres 50 % viennent de nos propres recherches : sur Internet, dans les festivals ou grâce au bouche à oreille.
C’est là que vous allez imposer votre touche personnelle ?
Oui, tout en tenant compte de nos contraintes techniques : nous disposons d’un plateau de 6 mètres par 3 mètres et de 70 places. Vous ne verrez donc jamais une comédie à huit comédiens au Tribunal, pour des raisons de jauge et de budget. Nous sommes principalement axés sur des formats solo ou très réduits.
Avez-vous déjà des projets de nouveautés ?
On m’a fait un magnifique cadeau pour 2027 : nous fêterons simultanément les 30 ans de Femin’art, les 50 ans du Bœuf Théâtre et les 50 ans de l’association Théâtre de la Marguerite. La grande nouveauté aura lieu samedi 2 octobre 2027 : nous célébrerons le cinquantenaire du Bœuf Théâtre sur l’esplanade du Pré des Pêcheurs, avec de nombreuses surprises et des spectacles gratuits tout au long de la journée. Par ailleurs, nous allons créer un festival d’été dédié aux enfants, articulé autour de trois spectacles par jour sur plusieurs journées.
Le Tribunal est aussi une grande école…
Absolument. Nous dispensons 16 cours d’environ 14 élèves au théâtre, ce qui représente environ 300 adhérents. Au total, ce sont près de 30 cours par semaine : la moitié au théâtre, et l’autre moitié hors les murs (dans les écoles, le périscolaire et les foyers). Du premier élève de 3 ans jusqu’à la plus âgée de 95 ans, c’est toute cette diversité qui fait la richesse du lieu.