"J’ai cru qu’ils étaient tous morts" : prison ferme pour le chauffard qui provoque un spectaculaire accident sur l’A75
Un trentenaire du Cantal a été condamné mardi à Rodez à 15 mois de prison ferme pour avoir volontairement provoqué un accident sur l’A75, près de Verrière, le 2 août. L’incident a blessé quatre jeunes, dont un grièvement. Le tribunal a également annulé son permis et confisqué son véhicule.
De grands gestes entre automobilistes, des queues de poisson et enfin plusieurs coups de volant en direction du véhicule des jeunes, qui ont provoqué une violente sortie de route le week-end dernier à Verrières : un conducteur trentenaire a été reconnu coupable mardi d’avoir volontairement provoqué un accident d’une extrême violence.
À la barre du tribunal de Rodez ce mardi 4 août, ses premiers mots ont été : "Je n’ai rien à me reprocher". Une position dont il ne s’est jamais départi, malgré les affirmations de ses quatre victimes mais aussi de deux témoins de la scène, qui ont tous les mêmes souvenirs de cet accident d’une grande violence.
Ce dimanche 2 août peu après 9 heures du matin, l’homme né en 1993 et originaire du Cantal, circule sur l’A75 au niveau de Verrière à bord de son Opel grise. Selon le résumé des faits de la présidente Blandine Arrial, le peloton motorisé de la gendarmerie est déployé pour intervenir sur un accident qui vient de se produire.
Le chauffard suivi par deux témoins
Pour des raisons qui restent à éclaircir, une petite Peugeot avec à son bord quatre jeunes de 17 à 23 ans a quitté la route. Une perte de contrôle, plusieurs tonneaux, et surtout quatre personnes blessées dont l’une, la plus jeune, est évacuée par hélicoptère jusqu’au centre hospitalier.
L’une des voitures mise en cause est l’Opel du Cantalien, dont les gendarmes ont le numéro d’immatriculation… et avec laquelle ils tombent nez à nez, sur la D911.
À ses côtés, un autre véhicule. Celui de deux témoins qui l’ont suivi après l’accident pour lui demander des comptes. Ils lui reprochent d’avoir volontairement provoqué la sortie de route de la Peugeot.
"Je l’ai doublé, ça l’a frustré"
"Il a poursuivi sa route comme si de rien n’était", raconte le témoin. "J’ai vu l’Opel couper la route de la Peugeot, la coller. Les passagers se faisaient des gestes et le conducteur de l’Opel, sur la gauche de la Peugeot, a mis plusieurs coups de volant vers la droite".
Suivra une perte de contrôle, sans qu’une collision ne puisse être formellement établie. "Ce n’est pas ce qui s’est passé. Ils se sont rabattus juste devant mon museau, m’ont fait des doigts d’honneur, et la conductrice a mis un grand coup de volant", rétorque le prévenu.
La conductrice n’a pas du tout la même version des faits : "Je l’ai doublé, ça l’a frustré. Il s’est collé à mon pare-chocs, a fait de grands gestes, des queues de poissons et donné plusieurs coups de volant brusques", se souvient-elle.
"J’ai cru qu’ils étaient tous morts"
Une version confirmée par les autres passagers. L’homme, à la barre, continue pourtant de nier. "C’est donc un complot contre vous ?", l’interroge la présidente. "Elle a perdu le contrôle de son véhicule, je n’y suis pour rien. Je suis désolé pour eux mais je ne suis pas responsable", s’obstine le chauffard.
Au vu de la violence de la sortie de route, la femme du témoin a déclaré aux gendarmes : "J’ai cru qu’ils étaient tous morts". L’homme compte deux condamnations à son casier judiciaire. Pour des délits routiers : blessures involontaires par conducteur de véhicule, sans permis ni assurance puis un refus d’obtempérer, toujours sans permis ni assurance.
Quinze mois de prison, le véhicule confisqué
"Ce n’est pas juste une imprudence, c’est l’un des pires comportements routiers", résume le procureur Rigot-Muller. Il demande à son encontre 12 mois de prison avec mandat de dépôt et une annulation de son permis de conduire. L’avocate du Cantalien, Me Manon Cathala, a tenté de jouer sur les rares contradictions des témoins, notamment un régulateur de vitesse réglé à 110 km/h pour les uns, 130 km/h pour une autre.
"Peut-être les jeunes étaient-ils excités de partir au camping au Cap-d’Agde ?", s’interroge-t-elle. Avant de demander la relaxe de son client. Après en avoir délibéré, le tribunal a décidé d’aller au-delà de ces réquisitions et de condamner le Cantalien à 15 mois de prison ferme avec mandat de dépôt, synonyme d’incarcération immédiate, et à une annulation de son permis de conduire. Sa voiture, considérée comme une arme, a par ailleurs été confisquée.