Interpellés, blessés... Les chiffres d’une mobilisation lycéenne « en extension »
France 30/09/2026 21:36 Actualisé le 30/09/2026 21:37
Alors que les lycéens se mobilisent pour réclamer plus de moyens dans l’éducation nationale, des violences ont éclaté en marge de certains blocus.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

THOMAS SAMSON / AFP
Des élèves observent des poubelles en feu devant le lycée Paul-Éluard alors qu’ils poursuivent leur mouvement de blocage pour réclamer le recrutement d’enseignants remplaçants, davantage de moyens et des conditions d’apprentissage dignes, à Saint-Denis, au nord de Paris, le 30 septembre 2026.
La contestation lycéenne ne faiblit pas. Ce mercredi 30 septembre, 356 établissements partout en France ont été concernés par des blocages de lycéens, selon les chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui évoque une « extension du mouvement ». La veille, le mouvement concernait 338 établissements.
Les lycéens se mobilisent notamment pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens, une rénovation des établissements et des conditions d’apprentissage « décentes ».
La mobilisation, qui intervient à sept mois de la présidentielle, a débuté il y a environ une semaine et est partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne, qui ont reçu le soutien de La France insoumise. Cependant certains rassemblements dérapent. Devant la presse, le président de l’Union syndicale lycéenne Ryad Rani s’est alarmé ce mercredi de la « répression du gouvernement » et de la « violence inouïe (des forces de l’ordre) envers les lycéens ».
• Trois enquêtes ouvertes à l’IGPN
L’IGPN, la « police des polices », a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d’établissements, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, selon qui les forces de l’ordre sont intervenues « avec beaucoup de proportionnalité ».
Ces investigations concernent des faits qui se sont déroulés à Sevran (Seine-Saint-Denis), Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise) et Tours, où un jeune homme a été blessé à la tête mercredi et a été hospitalisé. Selon le procureur, ses lésions sont « compatibles » avec un tir de LBD. L’enquête de l’IGPN s’appuiera sur les déclarations des policiers concernés, les images de leurs caméras-piétons ainsi que sur les témoignages des personnes présentes.
• Plus de 600 personnes interpellées ce mercredi
Pour la seule journée de ce mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés dans le cadre de ces rassemblements. Côté Éducation nationale, 119 personnes ont été blessées, dont 34 personnels, depuis le début des mobilisations. « C’est inédit dans l’Éducation nationale », a déploré le ministre Édouard Geffray. « Il faut impérativement que nos élèves puissent retrouver le chemin des cours, notamment tous ceux qui en sont empêchés », a-t-il estimé.
La mobilisation semble au contraire bien partie pour se poursuivre. L’Union syndicale lycéenne a appelé à un « acte deux » jeudi et à une journée d’action le 6 octobre. Les trois principales organisations étudiantes, La Fage, l’Union étudiante et l’Unef soutiennent le mouvement et appellent à des manifestations et blocages.
• Le gouvernement va ouvrir une plateforme de concertation
Pour que les lycéens « puissent retrouver la capacité à exprimer, dans un cadre démocratique organisé, leurs revendications », Édouard Geffray a annoncé la création d’une « plateforme de concertation ». Celle devrait être disponible lundi, ou mardi matin au plus tard. Le ministre organisera ensuite, à une date non déterminée, « un événement de restitution nationale pour pouvoir apporter des réponses structurées ». Il promet d’être « transparent sur les demandes » et « sur les réponses ».
Dans le même esprit, les recteurs vont réunir dans 48 heures, les conseils académiques de la vie lycéenne, et les proviseurs devraient convoquer « une réunion extraordinaire » des conseils d’administration et organiser des réunions des conseils de la vie lycéenne si besoin.