Intelligence incarnée en Chine : l’organisation du marché passe avant les IPO

Après avoir largement encouragé le développement de l’« intelligence incarnée », la Chine semble vouloir remettre un peu de discipline dans le marché. Selon des personnes proches du dossier citées par Reuters, les autorités de régulation auraient utilisé des consignes informelles pour ralentir les projets d’IPO de certaines entreprises de robots humanoïdes. Il ne s’agirait toutefois pas d’une interdiction officielle.

Le déclencheur serait notamment le parcours très volatil de Unitree Robotics. Lors de son introduction à Shanghai en août, l’action du fabricant de robots humanoïdes et quadrupèdes avait bondi de plus de cinq fois avant de perdre environ 55 % par rapport à son sommet. Cette trajectoire a renforcé les interrogations sur les valorisations du secteur.

Une demande commerciale durable

Les régulateurs chercheraient surtout à déterminer si les revenus affichés correspondent à une demande commerciale durable. Certains projets liés aux collectivités locales, notamment des centres de collecte de données destinées à entraîner les robots, auraient généré d’importants revenus. La question est désormais de savoir quelle part de cette activité provient réellement de clients indépendants.

Au moins six entreprises chinoises du secteur prépareraient actuellement leur entrée en Bourse, parmi lesquelles Deep Robotics, X Square Robot et AGIBOT. Le durcissement des contrôles ne signifie donc pas un abandon de la technologie, mais plutôt une volonté de vérifier davantage la solidité économique des acteurs avant leur accès au marché.

Les chiffres clés

• +5 fois : hausse maximale enregistrée par Unitree lors de son introduction.
• -55 % : recul de son action depuis son sommet.
• 6 entreprises au moins : prépareraient actuellement une IPO.
• 30 à 50 % : baisses de valorisation déjà observées sur certains projets privés.
• 148,9 milliards de dollars : montant levé par les entreprises chinoises via émissions d’actions et obligations convertibles en 2026, selon LSEG.

La Chine ne semble donc pas tourner le dos aux robots humanoïdes. Le mouvement traduit plutôt un passage d’une logique d’enthousiasme à une surveillance plus étroite des revenus, des commandes et des valorisations.